[Dans le mufle des Vosges] 14. Tombé du ciel

TOMBÉ DU CIEL

Entre un prêtre exorciste qui avance ses pions, une escapade enfantine au cimetière et un mystérieux cadavre, un épisode construit avec un programme d’écriture de plus en plus complet et automatisé.

Joué / écrit le 10/02/2020

Jeu principal utilisé : L’Empreinte, de Thomas Munier, survivre à une transformation qui nous submerge

N.B. : Les personnages et les faits sont fictifs.

Le projet : Dans le mufle des Vosges, un roman-feuilleton Millevaux

Précision : ces feuilletons sont des premiers jets, donc beaucoup de coquilles demeurent. Merci pour votre compréhension.

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Stella Maris, cc-by-nc-nd, sur flickr

Contenu sensible :

Episode précédent :

13. La main et la couronne
Alors que les adversaires montrent les dents, les exorcistes s’organisent pour la dernière bataille. Retrouvez ici la réponse à la première question au public, et bien sûr une nouvelle question !

L’histoire :

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What has become of the one i love ?, par Yseulde, du post-americana lunaire et lo-fi pour un feu de camp introspectif à l’infini.

Dans cette fin de jour qu’est le crépuscule vosgien, une brume noyée de feuille mortes, humide comme sortie du lavoir, tombant toujours trop tôt, les questions se multipliaient au village. Déjà on jasait, et qui du Nono Elie ou qui de l’Oncle Mougeot seraient les plus prompts à répandre des rumeurs concernant la venue du Père Benoît. La seule chose certaine dans ce salmigondis de spéculations qui généraient déjà des faits par la seule force de leur existence, c’est que les choses ne seraient plus comme avant. Le prêtre exorciste du Diocèse était là : de tous les vosgiens il était le seul censé capable de tenir le diable par la queue. Mais que ferait-il des mortels ?

La première action publique qu’il fit souleva bien des conjectures. Avec une pique à mirabelliers, il tira le lierre qui rampait sur les murs de l’église.

Le Nono Elie argua qu’il était un peu diot et qu’il se prenait pour la bonne du curé. L’Oncle Mougeot rumina : pour lui, le Père Benoît faisait comprendre à tout le monde qu’il était là pour faire le ménage, sans tarder, et qu’il n’avait pas peur de se retrousser les manches.

L’Oncle Mougeot avait élu le bistrot du Pont des Fées pour quartier général de ses couâries, le Nono Elie était avec les bouilleurs de cru au Grand Bois. On puisait de l’eau dans le vieux château d’eau tout fissuré, elle coulait à gros bras dans les décalitres et les cuves de l’an passé, qu’il fallait rincer à grand renfort en prévision de la distillation prochaine. Les moins vaillants rentèrent dans leur pénate avant la presque-nuit. Le Grand Bois mérite bien son nom, c’est que forêt, ça n’est plus le domaine de l’homme, alors on traîne pas quand vient le soir. Mais le Nono Elie restait, il avait son fusil et son tracteur et puis il avait quelques ares de terrain dans le secteur, alors il alla les inspecter pendant que ses cuves dégorgeaient.

Bon, des champs, c’était juste des clairières aussitôt prises à la forêt aussitôt reprises, mais bon le Nono Elie était comme les autres fermiers, il comptait sur le moindre are, il fallait rien perdre, que ce soit par la forêt ou par les clôtures baladeuses des voisins. Alors quand il vit des corbeaux, vinrat des beusses grosses comme des blaireaux !, qui becquettaient ses grains semés de la veille, son sang ne fit qu’un tour. Il tira un premier coup de carabine qui dispersa les volatiles sans en toucher aucun. Chaque cartouche était précieuse, mais nom de Vieux il avait pas eu sa revanche, alors il tira à nouveau et vit une masse noire glisser dans l’obscurité pour retomber derrière le couvert des sapins. « En voilà un qui l’a pas volé, vindiou je l’ai bien mouché ! »

Tac tac tac !

La Soeur-Marie-des-Eaux se redressa d’un coup sur sa couche, l’Opinel à la main. Quelqu’un qui frappe à la porte de la yourte en pleine grasse-nuit, c’est pas normal. Son coeur battait la chamade, contracté comme un utérus parturiant. Ses réflexes de vétéran finiraient par la tuer !

Il réveilla la Soeur Jacqueline et ouvrit la porte de la yourte comme un commando l’aurait fait. Derrière, c’était le Père Benoît, une lanterne dans une main, un bâton de marche dans l’autre.

« Tout est lié, fit-il.
– Tout est lié, répondit la Soeur Marie-des-Eaux, étonné de voir utilisé le salut mémoriel, dont lui-même avait dédaigné l’emploi aux Voivres, par pur dédain des conventions sociales. Mais après tout, le Père Benoît était un civilisé, et cet usage ne pouvait qu’agréer au mémographe qu’était la Soeur Marie-des-Eaux.
– Voici mon histoire : je suis le Père Benoît, je suis le prêtre exorciste du Diocèse. C’est moi qui vous ai formé, Soeur Jacqueline, puis qui vous ai demandé de former Soeur Marie-des-Eaux. Je suis ici sur la demande du Père Houillon, afin de chasser le diable de ces terres.
– Voici mon histoire : je suis la Soeur Marie-des-Eaux, et je suis une ancienne enfant-soldat. J’ai été intégré au couvent des Soeurs du Très-Saint-Sauveur et en effet, c’est la Soeur Jacqueline qui m’a formée à l’exorcisme dans les forêts limbiques. Nous sommes venues aux Voivres par mandat du Diocèse. Donc, pour ce qui est de chasser le diable, nous nous en occupons déjà, Père Benoît.
– Fort bien, je n’en attendais pas moins de vous. Mais la durée de votre absence, et le dernier pigeon voyageur du père Houillon ont incité l’évêque à me mander d’urgence à mon retour de Gérardmer pour prendre les choses en main. J’ai plus d’expérience que vous, je suis habilité à célébrer les offices nécessaires, et vous êtes sous mon commandement.
– … Mais pourquoi nous réveiller à la grasse nuit ?
– Ne me posez pas de questions. C’est à la Soeur Jacqueline, votre supérieure, que je tiens à parler. J’ai eu fort à faire et j’ai appris sur le tard que vous résidiez chez un païen. Ce ne se peut. Je vous somme donc de rassembler les affaires et de rentrer au presbytère. »
Sa figure joufflue était comme une lune à la lumière de la lanterne.

La Soeur Marie-des-Eaux avait la rage au ventre et la Soeur Jacqueline aurait bien voulu rester dormir près du poêle, mais c’eut été créer un grave incident diplomatique que de désobéïr, aussi refirent-elle leur bâluchon et repartirent-elles sous les railleries des hulottes à travers le Moulin aux Bois, sur les traces du Père Benoît et du Père Houillon qui l’avait d’abord guidé, puis ensuite suivi comme un petit chien.

« Ne soyons pas de vilains hôtes, servez donc une collation à nos soeurs, ordonna le Père Benoît avec toute la douceur de celui qui n’est jamais discuté. Sans brésailler, le prêtre leur réchauffa un fricot de toffés avec de la tarte au munster. Comme à son habitude, la Soeur Marie-des-Eaux repoussa la tarte au munster comme toute autre nourriture venue d’une bête, mais honora les toffés. Et comme à sa déshabitude, la Soeur Jacqueline bouda l’un et l’autre.

Le Père Benoît avait par ailleurs conscieusement fouillé le presbytère, et trouvé le buffet secret où étaient rangées les meilleurs bouteilles. Au grand dam de son hôte, forcé de leur servir un Gris de Toul tout couvert d’une noble poussière.

« Hum… Un petit Jésus Cuit en culotte de velours !

J’étais à Gérardmer, et j’ai dû y enquêter sur la disparition du chasseur le plus renommé du secteur. J’ai interrogé ses proches, et j’ai compris qu’il tenait commerce avec une femme suspectée de diablerie, une ondine, disaient certains. Les battues n’ayant rien donné, on a fini par draguer les torrents, et on a retrouvé son corps. En voilà encore un qui a voulu serrer le diable dans ses bras de trop près.

J’ai aussi vu la Pierre Charlemagne. J’ai consacré ce lieu païen. Saviez-vous que l’empereur Charlemagne en personne venait dans les forêts de Gérardmer chasser le cerf et le loup ? J’ai beaucoup prié devant la pierre, pour que ce saint empereur nous ait en sa garde. Je crois que nous en aurons bien besoin, car nous chassons là un terrible gibier. »

Deuxième d’Opprobre

Saint-Léger dans le Calendrier Chrétien
Jour de la pomme de terre dans le calendrier républicain

« Oh l’travail ! »

C’est dans la fraîcheur de l’aube que l’exclamation du père Thiébaud résonna. Des rouge-gorges l’observaient depuis les tuiles ébréchées et les gouttières rouillées du Château de Paille, qui donnait son nom au lieu-dit où les divagations du père l’avaient conduit de bon matin.

Etalé dans le péteuillot de la terre semée, baigné par les respirations du sol et la lueur timide qui perçait des frondaisons, gisait le corps d’un homme. Il était beau, il était jeune et il était nu comme un ver. Sa peau était déjà bleue. Ses bras, son cou et ses jambes étaient disloqués comme s’il avait chuté de très haut, et d’ailleurs les branches cassées coincées autour de son buste laissaient penser la même chose. Il portait au flanc des marques de plomb, mais ça n’aurait pas dû pouvoir tuer un homme de sa taille.

Le père Thiébaud ne le connaissait pas, ne l’avait jamais vu aux Voivres, mais pourtant son visage anguleux et ses cheveux sombres lui rappelait celui des colporteurs qui venaient de temps à autres échanger des graines ou boire un pot au Pont des Fées.

« Oh, l’travail ! »

Il s’éloigna, les mains jointes derrière le dos, reprenant sa coûarie avec les fées.

« T’as volé ! T’as volé un sou, Soubise ! Voleur, tête de chou ! »

Le congé forcé de Champo poussait les enfants à l’inaction et leur école buissonnière n’était pas tendre. Quand Hippolyte Soubise fut surpris à caresser un sou, juste une pièce à l’effigie de Napoléon III, les autres mouflets en déduirent qu’ils l’avaient volé. Il eut beau se justifier, qu’on le lui avait confié pour aller acheter du grain pour les cochons, personne ne voulait croire qu’un Soubise puisse posséder un sou, et donc il venait de la poche de quelqu’un, probablement d’un autre des enfants, oui, il fallait le rendre à l’enfant à qui il l’avait volé, d’un coup, chaque gamin se souvient avoir eu un sou sonnant et trébuchant dans sa poche, et s’il n’y était plus, c’est que la main crochue de l’Hippolyte l’en avait soustraite, à n’en pas douter ! Bientôt, puisque tout le monde avait été volé, on soupçonna le cadet des Soubise de dissimuler toute une goyotte dans ses habits, et le Cyrille Chaudy l’attrappa par les pieds et le secoua, mais il ne fit tomber que des poux.

« J’suis pas un voleur ! » Ce qui était énervant avec l’Hyppolite, c’est qu’il ne pleurait pas. Il accueillait les vexations comme une statue sainte accueille les chiures des corbeaux. Sans broncher.

Alors on s’énerva, c’était un voleur, sûr de sûr, et puisqu’il s’en défendait, il fallait engager le code judiciaire des enfants.

« Si t’es innocent, alors tu dois nous ramener une pierre du cimetière ! A reculons ! »

L’Hyppolite sembla se prêter de bonne grâce à l’injonction, mais à l’intérieur, c’était tempête sous un crâne. Certes, il était bien plus habitué à l’occulte que les autres mioches, après tout son père et son grand-père étaient des sorciers et ils hébergeaient la Mère Truie qui est un horla, mais finalement sa mère avait réussi à le tenir le plus possible à l’écart de tout ça : aussi n’en avait-il compris que très peu. Mais là, aller au cimetière, c’était du sérieux.

Il marchait à reculons, trébuchant dans ses sabots. Devant lui, la masse des gamins criant, pressés de rentrer manger un frichti, mais tout aussi préssés de voir l’Hyppolite connaître un mauvais sort. Derrière, lui les murailles en ruines de ce cimetière, et les pierres tombales dont on n’avait pas encore enlevé les cordes qu’un vent malicieux avait déposées.

Derrière lui, il y avait toute la masse de la mort.

Sous ses pieds, il sentait les racines.

Sous son nez, une odeur de pipi chaud venait surplomber tous les arômes rances de sa personne.

Un vent glacial lui balaya la nuque. Enfin, il voyait le portail tout corrodé, tombant à moitié. Sans regarder par terre, il se pencha, tatonna, sur le sol il touchait des racines, des bêtes, et enfin sa main se referma sur du minéral.

Mais il traînait trop ! Déjà ce qui se trouvait là s’en prenait à lui.

Lexique :

Le lexique est maintenant centralisé dans un article mis à jour à chaque épisode.

Notes liées aux règles de L’Empreinte :

Menace : une Déité Horla (la Mère Truie)
Lieu de départ : Les Voivres
Avancement :
Acte I – Introspection + Tentation + Agression
Acte II – Introspection + Tentation + Agression
Acte III – Introspection + Tentation + Agression
Acte IV – Introspection + Tentation

Préparation :

A. A la fin de l’épisode précédent, j’ai posé cette question au public : Que vont entreprendre les nonnes pour s’attirer la sympathie de Père Benoît ?

J’ai eu cette réponse :
Damien Lagauzère : Et bien, peut-être qu’elles pourraient mettre un peu d’eau dans leur vin et être un peu plus consensuelles, tenter d’apaiser les tensions entre elles et la population. Elles peuvent peut-être « tendre la main » et proposer d’organiser un sorte de fête pour célébrer la venue du père et enterrer la hache de guerre, même si elles n’en pensent pas un mot. Ce serait aussi, pourquoi pas, l’occasion d’observer les villageois et faire un rapport circonstancié sur la situation au père, quitte à dévoiler involontairement des informations à un éventuel antagoniste.

Je me suis rajouté cette réponse dans mon script, vous verrez quelle tête ça a 🙂

B. J’ai découvert que pour remplacer les saints, les jours du calendrier républicain nommaient des fruits et légumes et autres éléments de la vie rurale. Je vais rajouter cette mention car je la trouve vraiment évocatrice.

C. J’ai fait le décompte du nombre de mots des 13 épisodes précédents (en comptant seulement la partie récit) : 30542 mots. On est déjà dans le registre de la novella ou du roman court ! Je ne me projette pas dans un roman très long, alors je dirais que 100 000 mots serait un maximum : ça correspond à la taille de mon roman Hors de la Chair, ce qui correspond, si je garde une cadence d’écriture approchante (et ce n’est pas sûr, car à multiplier les protocoles, je pense que j’écris moins de mots par épisode)… à 42 épisodes. Je retrouve ma projection initiale de 40 à 50 épisodes. Je trouve ça assez encourageant. Cela veut dire qu’écrire le premier jet d’un roman, pour coûteux en énergie que ça semble, est peu coûteux en temps si on a les outils pour écrire vite (et je les ai ! Par Shub-Niggurath, je les ai ! ) : 40 à 50 sessions de 3 h d’écriture, soit 120 à 150 heures, soit l’équivalent d’un mois de travail salarié (semaines de 35 heures). Et j’aurais certainement pu économiser un tiers de ce temps si je n’avais pas réalisé toutes ces mentions techniques ! La relecture / réécriture prend forcément du temps, mais honnêtement ça prend beaucoup moins de temps que le premier jet (surtout un premier jet aussi travaillé). Je dirais une heure de correction pour cinq heures d’écriture, soit 24 à 30 heures, bref une semaine de travail salarié… C’est très encourageant, je devrais faire breveter ma méthode ! 🙂

D. J’ai complété les fiches de personnages avec une information importante : la liste du matériel important. Les personnages ont collecté quelque matériel notable et ça me semble important d’en garder trace si je ne veux pas commettre d’impair.

E. Toute cette rigueur peut sembler inutile. Elle est toute imprégnée de méthodologie rôliste (et sans doute d’une pointe de procrastination). Elle me semble pourtant pertinente dans le cadre d’un roman. Tout le monde connaît des lecteurices qui font attention aux détails et traquent la moindre incohérence dans l’espoir de se ruiner leur plaisir de lecture 🙂 Lors d’un entretien, un journaliste avait demandé à Raymond Chandler ce qu’il était advenu d’un certain personnage et ce dernier avait répondu : « Je l’ai tout simplement oublié. » Même si en tant que lecteur, j’aurais une grande indulgence pour ce genre d’erreur, je crois qu’une partie du lectorat ne goûte guère ces lacunes. Et je pense aussi qu’avoir une cartographie assez nette de la situation en évolution m’aide à construire un récit. Donc c’est bon à prendre. Certes, ça ressemble à de la maniaquerie de geek programmateur appliqué à l’ââârt du roman, et c’est bien ce que c’est. Pour le meilleur et pour le pire.

F. [note du 03/02/20] Toute cette préparation m’a pris beaucoup de temps. J’ai donc décidé d’arrêter ma session d’écriture de la journée. Je reprendrai la semaine prochaine.

G.  [10/02/20] Actuellement, pour mon roman, j’ai un programme de telle façon : « script ou jeu -> idée tirée sur une table -> un PNJ avance sur son objectif ». D’une je vais rajouter à ce programme un moment de métanarration, de deux, je vais rendre ce programme aléatoire, donc au d4 : « Script ou jeu / 2. idée tirée sur une table / 3. un PNJ avance sur son objectif / 4. métanarration »

H. Je me suis décidé à essayer Draftquest pour la suite de mon roman feuilleton.
https://www.draftquest.fr/
J’avoue que j’avais fantasmé une sorte de logiciel en ligne qui générait un tas de contraintes créatives. Je me suis créé un compte gratuit et je dois avouer que j’ai été un peu déçu. La version gratuite vous génère un tirage aléatoire d’images… et c’est tout. Le compte en ligne vous propose certes d’autres services (enregistrement en ligne de votre premier jet, possibilité de le rendre public, rappels par mail si vous n’avez pas suivi la cadence d’écriture que vous vous êtes fixée) mais qui ne sont pas utiles en ce qui me concerne. Je me demande ce que propose la version payante en plus.
Draftquest propose aussi des formations en ligne, mais il n’y en a plus eu depuis 2017.
Il y a aussi un lien vers un livre au titre alléchant « Oser écrire son premier roman en dix minutes par jour »… qui n’est malheureusement pas disponible (et de toute façon, je n’ai pas les moyens financiers d’acheter des livres).
En revanche, on peut encore trouver des exercices d’écriture, accessibles et gratuits : https://www.draftquest.fr/exercises/ Si j’enlève les quelques exercices associés à l’univers de la Horde du Contrevent, il reste 24 exercices génériques. Je vais donc tenter de faire un tirage aléatoire d’exercice par session.
Et par ailleurs, je vais aussi tenter d’exploiter le tirage d’images que me propose Draftquest, histoire de dire que j’aurai tiré la substantifique moelle de ce site.

I. Le premier exercice tiré aléatoirement s’appelle « La Théorie du genre » et pose ces questions :
1/ Quel est le genre de votre récit? 2/ Pourquoi, personnellement, avez-vous choisi ce genre? En quoi vous intéresse-t-il? 3/ Quelles sont, objectivement, les contraintes qu’impose ce genre?

Je vais donc y répondre :
1/ Roman du terroir post-apocalyptique
2/ En connexion avec mes racines et avec les thèmes que j’explore depuis 14 ans.
3/ Il faut que différents éléments soient présents : la vie rurale, la forêt, le surnaturel, les indices du post-apocalyptique. La principale difficulté est de recycler les éléments du roman du terroir sans contredire l’aspect post-apocalyptique. J’ai par exemple eu cette difficulté car je voulais décrire des scènes de ripaille avec beaucoup de spécialités culinaires locales, mais ça contredit le caractère post-apocalyptique où la pénurie est censée régner. J’ai solutionné ce problème en avançant le fait que ceux qui ont des denrées abondantes ont fait un pacte avec les horlas ou un autre genre de pacte faustien (l’emploi d’innovations technologiques concernant les Fournier, qui pourrait leur valoir le courroux de la forêt. On peut aussi imaginer que certains vivent sur le dos des autres, c’est peut-être le cas du Père Benoît). On voit quelques contre-exemples : la ferme de Bourquin périclite parce qu’il n’a pas pactisé, et Champo et Marie-des-Eaux vivent dans l’ascèse.
Par ailleurs, la présence d’engins agricoles est également liée soit des innovations technologiques post-apocalyptiques, ou à l’égrégore qui maintient des reliques en état de fonctionner (c’est le cas du tracteur du Nono Elie).

J. Je suis en pleine lecture de deux superbes roman tout aussi inspirants l’un que l’aûtre, d’un côté « La Forêt des Mythimages », de Robert Holdstock, sans doute l’oeuvre de SFFF la plus adéquate à l’esprit de Millevaux, et de l’autre, « Les défricheurs d’éternité » de Claude Michelet, un roman du terroir historique, qui retrace la lutte de moines contre la forêt, la guerre et la misère dans l’époque d’après Charlemagne.

Bilan :

K. A peine ai-je (enfin !) commencé à écrire ma session 14 que m’est apparu un problème avec mon programme. Tout d’abord, je me suis dit que si je n’utilisais plus vraiment mes aides de jeu, c’est parce que je ne m’imposais pas. J’ai donc rajouté une cinquième entrée à mon programme : un tirage sur une aide de jeu. Et pour éviter de toujours privilégier les mêmes aides de jeu, j’ai également randomisé leur usage avec cette table des aides de jeu :
1. Oriente 2. La stèle au coeur des plaines 3. Muses et Oracles 4. Almanach 5. Les larmes du Soleil 6. Nervure 7. Lexique gore 8. Table des détails forestiers 9. Image de Draftquest 10. Tarot de Marchebranche
Mais je me suis rendu compte qu’avec ce programme actuel, je n’avais plus qu’une chance sur 5 de tomber sur l’entrée « script ou jeu » ! C’est bien trop peu. J’ai déjà le sentiment que je n’avance plus assez vite dans mon intrigue principale (nous en sommes au 10ème épisode joué avec l’Empreinte et le 3 ou 4ème joué sans jets de dé ! ). J’ai donc pondéré mon programme, quitte à modifier la pondération à l’avenir pour changer le ryhtme d’évolution de l’intrigue :

1-4. Script ou jeu
5. idée tirée sur ma table des idées
6. un PNJ avance sur son objectif
7. métanarration
8. tirage d’une aide de jeu

L. Malgré tout cette programmation et cette randomisation, je fonctionne aussi pas mal à l’instinct, j’essaye de suivre la logique spontanée des choses. C’est ainsi que je recycle le salut mémoriel « Tout est lié », venu des Sentes https://outsiderart.blog/millevaux/les-sentes/ car au moment où la Soeur Marie-des-Eaux ouvre la porte, je me dis que le Père Benoît n’a aucune garantie que le novice se souvienne de lui. Après, ça peut paraître bizarre que le salut n’ait jamais été utilisé auparavant, mais on peut se dire que ce rite éminemment social était circoncis aux régions civilisées du diocèse. En bon mémographe, la Soeur Marie-des-Eaux le connaît forcément, mais son caractère asocial a pu le dissuader de l’utiliser aux Voivres.

M. Comme je l’ai dit, la mise en place de toutes ces procédures supplémentaires m’a coûté du temps, je n’ai d’ailleurs fait que çà la semaine précédente ! Mais j’ai l’impression que ça paye. L’écriture est désormais vraiment fluide. Je ne m’angoisse pas sur ce que je dois coucher sur le papier. Veillons désormais à conserver le mouvement et à être moins verbeux sur la technique lors des prochains épisodes.

Aides de jeu utilisées :
Table des détails forestiers
Muses et Oracles
Nervure (a inspiré la question de fin)

Décompte de mots (pour le récit) :
Pour cet épisode : 1898
Total : 32440

Feuilles de personnages / Objectifs des PNJ :

Voir cet article

Modifications :
MAJ : ajout d’un passé oublié pour Soeur Marie-des-Eaux
Liste d’équipement de la Bernadette, de la Soeur Jacqueline, de Champo et de Père Benoît
Rajout d’un objectif de PNJ pour le Père Benoît, mise à jour de l’objectif d’Hyppolite Soubise

Question au public :

Voici la question qui fait suite à cet épisode :

A quelle personne imprévue les nonnes vont-elles accorder leur confiance ?

2 commentaires sur “[Dans le mufle des Vosges] 14. Tombé du ciel

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