Le GN Valerrance : compte-rendu de session

VALERRANCE

Les équilibres sont rompus. La magie est de retour. Les petites histoires se jettent dans la grande. Retour sur le GN Valerrance, une geste médiévale au cœur d’une forêt ensorcelée.

(temps de lecture : 15 min)

Une session du GN Les Sentes, drames forestiers dans une réalité sorcière.

Jouée le 11 & 12 septembre 2021 à La Ville Albertine, Ambon.

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Les Sylvestres. Dessin : Élie, par courtoisie

Ressources :

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La page du GN

Articles de Ouest France portant sur ce GN : (1) (2)

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photo : MT, cc-by-nc-sa

Le contexte :

Valerrance était une session d’inspiration médiévale / millénariste tirée du GN Les Sentes.
Sur un week-end, nous avons réuni 5 orgas et 40 personnages, soit 5 de plus que la précédente session des Sentes, Dusk River.
Outre son thème, elle se démarquait des précédentes sessions par une approche mimant davantage le GN action, avec un conflit opposant trois regroupements de communautés, les alliances : Sylvestres, Christiques et Bannis, avec pour enjeux en vrac : l’avenir du bois enchanté de Valerrance, la possibilité de le fuir ou de l’étendre au monde « civilisé » autour.
Plus que précédemment, cette session a été l’objet de grands défis en matière de partage de la narration, il nous a fallu gérer des objectifs de personnages très antagonistes, ainsi que des rituels et des actions ayant un impact à grande échelle. Cela a pu faire l’objet de débat, mais j’ose croire qu’en général l’expérience a été dépaysante et immersive la plupart du temps.
J’en repars en tout cas avec beaucoup de belles images dans les yeux, des rencontres perso et RP toutes enrichissantes et la délicieuse sensation qu’il s’est passé beaucoup de choses quand j’avais le dos tourné.
Beaucoup d’entre nous étaient en tout cas motivés pour refaire rapidement des Sentes. C’est pas moins de quatre projets parallèles qui se sont lancé. Le premier a être officialisé est la session Vestige, les (7)-8-9 janvier 2022 en Loire-Atlantique (inscriptions encore possibles… mais sur liste d’attente). Si vous voulez que je vous tienne au courant des prochaines sessions, signalez-le moi et je vous ajouterai à la mailing list.

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Les Féeriques, photo (C) par Amandine Alexandre

Les retours sur les pages facebook et discord du GN :

 » Du coup j’en profite pour remercier comme il se doit tou(te)s les joueurs(euses) pour leur interprétation c’était très chouette. Un grand merci spécifique à mes Frères ainsi  qu’à Oriente [Note de Thomas : Oriente étant mon personnage] pour cette expérience unique. Et un grand merci au cuistot et au rester de l’orga évidement. »

« J’en profite pour remercier absolument tout le monde pour cette incroyable expérience. Je suis heureux d’avoir pu jouer Toi qui n’a pas de nom, l’Innommable, Miroir, Théophile, puis finalement Oriente, en votre compagnie. Merci de m’avoir permis de jouer pour la première fois un personnage masculin, vous n’imaginez pas à quel point j’en suis fier. Merci d’avoir été de fantastiques compagnons de jeux et organisateurs !Reposez-vous, soyez prudents sur la route.

Tout est lié, je suis beaucoup trop de choses, et ceci était une belle histoire. »

« Merci à toustes pour le jeu, c’était une expérience super intéressante et pleine de nouveautés pour moi. »

« Coucou tout le monde, bien rentré de notre côté aussi et plus propre que jamais. Merci pour pour le jeu Oriente, merci pour les repas en jeu dans la forêt c’était si bon et si cool ! Mais comme d’hab merci Gast ! Merci aux joueurs.euses! »

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Les joutes sont ouvertes. Photo (C) par Amandine Alexandre

« Je souhaiter adresser des mercis pour ce chouette week-end de GN ! Tout d’abord à Oriente pour avoir conduit ce jeu vers sa réalisation avec tant d’imagination, de douceur et d’humanité. Un très grand merci à toutes les personnes présentes à La Ville Albertine pour nous avoir accueilli à bras ouverts et pour avoir assuré la logistique (et la bonne cuisine) permettant ce bel événement ! Merci également à toutes les participantes pour leur entrain, leur débordante énergie et leur capacité à générer tant de beaux instants de jeu, le tout dans la nostalgie épineuse de cet univers si particulier qu’est Millevaux. Vive Valerrance ! Dans nos têtes et nos cœurs, pourvu que l’Oubli ne nous ronge jamais ! Des bises de Millicente l’alchimiste. »

« Vous me manquez déjà énormément les amis! j’ai passé un GN extraordinaire, j’ai aimé toutes nos interactions (même toi La jolie  inquisitrice Tétrarque Christique ;)) . Merci à la ville albertine et leurs habitants pour l’accueil, le miam, la gentillesse, merci Thomas pour l’orga, merci les joueurs pour ce moment ?
Merle aime tout le monde, Merle a coché toutes les cases de l’oiseau [Note de Thomas : Merle était une Corax, une femme-corbeau] (validé par les copains fanatiques d’oiseaux attention, la liste est en anglais) :
– speaking birb ??
– Screaming at eberyone ??
– checking footies regurlarly ??
– stealing toyms amd biotifull thimgs ??
– making a big mess in others camps ??
– puttimg eberything on the floor and makimg them roll ??
– damcimg, simging birbs songs ??
– makimg hoomans preem me ??
– fimdimg mine favorite hoomin ??
– preening frens ??
– blehblehbleh at juice ??
– eatimg others food ??
– stealimg pems ??
– makimg a lot of noice ??
– beimg deconcemtrate easily ??
– taping at mine thimgs ??
– arrivimg in ebery important moment and speaking and talking or screaming ??
– trhowing thimgs on people ??
– Hissing hiss to bad bad people

« Merci à toutes et tous pour ce super GN, je lutte pour taper trois mots tant la fatigue est grande, mais les souvenir en valent la peine ! Vous étiez belles et beaux, le rêve était bien vivant ! J’ai trop hâte de voir les photos !
Bravo et Merci Oriente pour ton énergie créative, je serais très heureux d’être présent pour de futures aventures mystiques ! »

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Il y a de l’eau dans le gaz chez les Nobles. Photo : (C) Amandine Alexandre

« A mon tour de vous remercier toustes pour ce super accueil que vous avez fait aux retardataires que nous sommes. Ce fut un moment magique et fort parsemé de très belles rencontres. De quoi alimenter les songes un moment, jusqu’au prochain! »

« bon, en attendant, bilan corporel à J+1 : les égratignures de ronce en pagaille je gère, par contre, j’avais pas relevé la masse de piqûres avec lesquelles je repars ? je crois que dormir dans la tombe = devenir le banquet du jour pour la population d’araignées… oupsie »

Retour de Thomas : « A mon tour de remercier tout le monde pour votre participation, votre bonne humeur, votre sérieux qui a permis un briefing pas trop long, votre enthousiasme, votre inventivité et tous les beaux et intenses moments passés ensemble dans ce bois de Valerrance qui vivait ses dernières heures. J’en repars avec juste une motivation énorme pour remonter d’autres éditions des Sentes, donc c’est loin d’être fini. Au rayon des petits bobos, pas de tiques ni trop de piqûres pour moi mais juste une crise de bégaiement le soir due la fatigue et au stress qui descend… Après 12 heures de sommeil, heureusement, je ne suis plus qu’un peu enroué. Faut dire que ça crève de bruiter des entités lovecraftiennes à la bouche »

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Étrange rituel chez les Féeriques. Photo : (C) Amandine Alexandre

« Bonjour à tous,
Je tenais à tous vous remercier pour ce GN qui était une très belle découverte à tous les niveaux !
J’ai vécu auprès de vous des choses intenses et découvert une nouvelle manière de jouer, et j’ai qu’une hâte : recommencer ! »

« Salut tout le monde !
j’ai également passé un excellent moment en votre compagnie. J’ai découvert plein de personnes très agréables (dont j’oublierai malheureusement les noms, car  ça va un peu au delà du roleplay chez moi ^^). J’ai découvert des façons de jouer nouvelles, déstabilisantes, enthousiasmantes, riches et ouvertes. ça m’intriguait beaucoup et j’en suis ravi ! J’ai commencé à prêcher autour de moi 🙂 Je vous rejoindrai avec plaisir pour une prochaine explorations des sentes et j’espère que j’aurai fait des émules. J’ai le sentiment d’avoir jouer un peu sur la réserve et je pense que prêcher l’oubli n’est pas la façon la plus simple de s’ouvrir aux autres. Pas de regret, c’était introspectif, mais j’ai vécu de très belles scènes de jeu grâce à vous. J’ai hâte de vous revoir »

« Coucou Tout le Monde!
Avec du retard, je voulais tous vous remercier pour ce super week-end et désolée de ne pas avoir pu vous dire au revoir à chacun! Je suis bien revenue [chez moi] lundi (bus depuis Paris), sans petit visiteur (tique), avec quelques bleus, une voix de baryton, des piqûres, une fatigue monstrueuse et un cœur et une tête remplies de bonheur, de super moments et d’aventures!
C’était un plaisir de jouer avec chacun d’entre vous!
Merci pour le soutien de propositions bizarres, des grandes discussions philosophiques en-jeu et hors-jeu! Merci pour votre enthousiasme, votre accueil, votre acceptation, vos présences (oui, j’ai une petite larme à l’œil…).
Je vous fait tout pleins de poutous et j’espère avoir l’occasion de rejouer avec certain IRL ou online! »

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Les Sorcellistes fascinent autant qu’effraient. Photo : (C) Amandine Alexandre

« Bonjour ?
Je tenais à vous remercier tous pour ce jeu incroyable que j’ai pu vivre à vos cotés. J’hésitais à faire les 500km pour venir mais heureusement la semaine dernière [une joueuse] a su me convaincre de prendre ma place. Au travers de cet évènement, j’ai pu vivre et observer des scènes incroyables.
Pour la première fois j’ai pu jouer un personnage non imposé par le scénario et m’épanouir avec. Ce système de souvenir laisse une très grande liberté de création sans pour autant piétiner le jeu des autres joueurs. Tout le monde semblait libre de s’adapter et partager ses histoires. Bref, un vrai bonheur.
Merci pour ce moment magique et je suis certain que ce souvenir la, personne ne pourra me le prendre ?
Bien à vous tous,
Egregor
(qui a oublié son vrai nom après l’avoir mis dans un objet) »

« Bonjour à tous,
Je tenais à tous vous remercier pour ce GN qui était une très belle découverte à tous les niveaux !
J’ai vécu auprès de vous des choses intenses et découvert une nouvelle manière de jouer, et j’ai qu’une hâte : recommencer à parcourir l’univers de Millevaux !
Au plaisir de vous voir dans un monde ou dans un autre ! »

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Élie, par courtoisie

Et pour finir…

L’histoire de Valerrance vue par Le Bailli :

Passé
Je suis Bailli, j’aime ma femme. Elle donne naissance, je deviens fou.
J’abandonne l’enfant dans le bois de Valerrance, j’en ressors sans savoir comment.
Ma femme apprend mon crime, elle veut se donner la mort, mais c’est l’oubli qu’elle choisi.
Je suis étranger à ses yeux. J’ai le cœur brisé.
Je veux lui rendre ses souvenirs, je veux réparer mon crime et obtenir son pardon.
J’accepte d’être à la tête des Nobles pour sanctifier Valerrance : j’ai-là l’occasion de chercher l’enfant et de le ramener à sa mère ; je n’ai cure de cette sanctification absurde.

Bannissement
Oriente nous guide. Il nous fait passer par la forêt limbique ; immédiatement des visions hallucinées de mon crime m’assaillent : je suis épié et hanté par l’enfant devenu horla.
Je chancelle dans ma détermination à trouver l’enfant, je m’enivre pour oublier mes visions et reprendre courage, en vain : j’ai peur.
J’ordonne aux Nobles de faire lever le camp et de quitter Valerrance avant la nuit tombée.
Les Nobles ne se soumettent pas à ma volonté, ils m’acculent et m’accablent d’appels à les rejoindre dans leur folie. Je tente de les raisonner et menace de punir leur désobéissance. Tétrarque me provoque, je lève ma voix et ma hache, elle m’éborgne. Je tombe à genoux, elle prononce mon bannissement alors que je baigne dans mon sang.

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Chaude ambiance chez les Nobles. Photo : (C) Amandine Alexandre

Errance
J’erre dans Valerrance, vociférant, maudissant mes traîtres et jurant de me venger de l’affront qui m’est fait. Je hurle aux horlas de cesser de me suivre, de me parler, de me cerner. L’odeur du sang qui se répand de ma blessure attire d’autres horlas, aux allures anthropomorphes, elles se présentent : Colm, qui m’intime de parler bas, Merle, qui me tend un message (les Christiques ont été bannis, et ne le savent pas. J’exulte !), Eftichia qui m’apprend que d’autres bannis campent au nord. Je bande mon œil tranché avant de reprendre ma route, suivi par une cohorte de fantômes tapageurs.

Apaisement
Au détour d’un sentier, j’aperçois Oriente, seul. J’alpague ce félon, qui prend la fuite, comme le fourbe qu’il est. Il trouve refuge dans la forêt limbique, ma colère me fait tomber dans son piège : je l’y suit, et l’angoisse m’envahit. Il promet de m’aider à retrouver mes esprits, je succombe à ses paroles rassurantes. Il me confie le cœur de la forêt, et m’invite à gésir dans une tombe ouverte. J’obéis. Je sombre dans l’humus. Un grondement ravissant puise en moi. Le temps d’une infinité, je vois des outremondes jaillir en grappes de branches depuis des troncs comme autant de colonnes d’univers. J’émerge, renaissant : Les voix se sont tues, les esprits éloignés.

Assoiffés
Progressant vers le nord, je cherche à rencontrer les autres Bannies pour orchestrer avec eux une revanche sur les Christiques. Sur les sentiers, une cohue se presse aux abords du camp des Sorcellistes, Hilde refoule les visiteurs le temps de mener à bien leurs sortilèges. A la vue de mon bandage sanguinolent, un air alléché passe sur le visage d’Eude, qui me nomme Bandeau, et m’offre l’hospitalité. Godefroy anime un rituel de partage du sang auquel je participe sans savoir de quoi il retourne.

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Les Sylvestres découvrent le camp des Hospitalites avec circonspection. Photo : (C) Amandine Alexandre

Autres
Je quitte les Sorcellistes et marche jusqu’à atteindre les confins de la forêt. Je découvre un cimetière où les Autres ont établi un campement de fortune. Je suis accueilli par SybilleChamagne et Primahora, accompagnées de Cagoule et Facti. Nous évoquons l’idée de juger les Christiques pour nous avoir condamnés à errer dans ces bois. Sybille m’enjoint de l’escorter avec Chamagne jusqu’au nid des Corax, où elle doit déposer une offrande.

Double vue
Nous traversons la forêt ; effaré, j’assiste à l’énucléation rituelle de Sybille par Colm,. Alors que Chamagne tente d’apaiser la douleur de SybilleMerle dévore un œil ; exsangue, Sybille me saisit et use de ses pouvoirs pour placer l’autre dans mon orbite vide. Une fois la douleur passée, je sens que Sybille voit à travers moi à présent, mais aussi bien plus haut, bien plus loin, et bien plus profond dans la forêt me dit-elle, car elle est devenue Corax. Chamagne me nomme désormais Bon-œil. Nous reprenons la route vers notre campement.

Vengeance
Zarastrale m’interpelle à l’orée de la forêt limbique et me révèle qu’afin de me nuire, il a convaincu ma femme de préférer l’oubli à la mort comme issue à sa peine et vengeance contre moi. Fou furieux, je lui crève les yeux de mes mains. Il me remercie de l’avoir châtié de la sorte, prétend que j’ai contribué à sa guérison, et qu’il voit autrement mieux désormais.
La violence de mon acte en un tel lieu me cause des réminiscences de l’abandon de l’enfant. Je vois s’avancer vers moi la flamme d’Éreinte, elle me captive, serait-ce elle que j’ai abandonnée ? Elle me remémore que j’ai fauché de nombreuses vies avec ma hache et me confie la carte du tarot représentant la mort. Je la range négligemment dans ma besace.

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Alléluia mes frères. Photo : (C) Amandine Alexandre

La fête des fous
Au loin résonnent les préparatifs d’un banquet. Je m’approche, un carnaval bat son plein.
Je vois Niobe le simplet jouer avec Ribouldingue le nabot tintinnabulant, ce dernier me propose des pommes pourries pour l’élection du pape de fous. L’innommable est élu, mais la liesse est de courte durée car le Pape des fous agresse OrienteParente se pâme et la foule est interdite devant l’issue désastreuse de la fête.

Conspiration
Je m’attable avec mes consœurs et confrères bannies, et nous devisons discrètement des moyens à mettre en œuvre pour isoler un membre des Christiques et le soumettre à notre jugement. Chamagne nous informe qu’elle a le souvenir de crimes atroces qui ont été commis : Père Gondulphe est cité. Nous décidons que ce sera lui qui sera jugé : rendez-vous est pris autour du totem de l’aigle. Je suis pris à l’écart par Chamagne, qui me confie que moi aussi je peuple ses souvenirs en raison de l’abandon dont je me suis rendu coupable.

Tribunal des Bannies
Feignant l’ivresse, j’attire Père Gondulphe à l’écart du festin vers son embuscade, Cagoule referme le piège, et Facti nous rejoint ; nous partons tous les quatre le mener au procès des Christiques. Le chemin est long et semé d’embûches, la forêt nous perd et prend son tribut : la besace qui contenait le tarot représentant la mort est égarée parmi les ronces. Très retardés, nous parvenons au tribunal des Bannies.
Nous trouvons là Ciguë, un Sylvestre ami des Sorcellistes, qui réclame de Père Gondulphe qu’il demande pardon à la forêt pour les crimes des Christiques au cours d’un bref rituel. Leur procès peut ensuite débuter : Cagoule préside, Eude Doré assure la défense de Père Gondulphe qui les représente. Je suis procureur, secondé par Facti, et Godefroy est témoin et greffier. Des visions d’Éreinte viennent troubler mon accusation et me rappeler mes propres crimes. J’échoue à faire condamner Gondulphe, mais il ne quitte le tribunal qu’après avoir été soumis à un rituel de sang païen mené par Godefroy qui l’engage à tenir sa parole de ne rien tenter d’hostile contre les Bannies.

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Qui percera à jour les secrets d’Ereinte ? Photo (C) Amandine Alexandre

Révélation ravisseuse
Je suis Les Bannies dans la forêt limbique. Les discussions semblent mener vers l’idée que l’élue sera choisie collégialement, mais le tour de parole est perturbé par les convulsions d’EudeHilde et Godefroy supposent une possession par un horla, et entament un rituel de sang pour le sauver. Je vois les blessures qu’ils s’infligent pour l’abreuver guérir aussitôt. Immédiatement les Sorcellistes concluent qu’Eude est l’élu, et réclament le sang de chacun d’entre nous pour parachever la révélation. Je vois mes consœurs et confrères s’exécuter, je n’accepte pas, je refuse de croire qu’une révélation puisse être aussi laide et nous vole une élection qui s’annonçait juste. Pourtant l’évidence s’impose : les blessures guéries sont un signe, et je me saigne à contrecœur pour nourrir l’appétit de l’élu. Je ne fais plus confiance aux Sorcellistes. A mes yeux, l’alliance des Bannies est rompue.

Discussions
Je médite devant le bûcher des Hospitalites. Tétrarque se tient à quelques pas. Nous discutons sans animosité : Elle aussi est désabusée de la tournure des évènements. Je tombe des nues quand elle évoque à demi-mots que les ordres de celui qui fut le Bailli ne lui semble plus si fous que cela. Elle rejette l’idée de sacrifier quelque vie que ce soit et pense que la forêt nous tend un piège. Je sens que mon ressentiment pour les Nobles est aboli par cette conversation.
Voyant Cagoule passer, je me hâte de lui faire part de mon état d’esprit changeant, lui demande le sien. Barepenti approche et nous propose de trinquer en toute amitié et nous acceptons. Je prend conscience que les conséquences de révélations ont atténué les hostilités : même Père Gondulphe accepte de s’asseoir à la même table que moi, son accusateur. Éole et Merle se joignent à nous. Malgré les divergences, tout le monde semble s’accorder sur le fait qu’un grand péril nous attend tous si des sacrifices ont lieu et qu’il faut contrecarrer ceux qui veulent les mener à bien.
Je m’endors dans la crainte que les partisans des sacrifices n’aient une longueur d’avance.

Incendie
A l’aube, je suis réveillé par l’odeur de la fumée. Oriente s’alarme : la forêt est en feu !
Je m’apprête à abattre des arbres pour empêcher sa progression jusqu’au camp des hospitalites, mais je sais que ce faisant je risque l’ire des Sylvestres. En tant que Corax, Sybille autorise Léthé et moi-même à couper des arbres pour ralentir la progression de l’incendie.
Dans la fumée j’aperçois Éreinte, flamboyante. Je la prie d’intercéder pour les habitants de la forêt auprès des flammes qui nous menacent, elle se met à l’œuvre, et je la perds de vue.

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Avez-vous vraiment envie que Sybille prédise votre avenir ? Photo : (C) Amandine Alexandre

Dédale
Ayant fait ce que je pouvais pour que le camp des Hospitalites soit épargné par les flammes, je me rappelle qu’il faut agir vite pour arrêter quiconque voudrait procéder à des sacrifices.
PrimahoraChamagneSybille et moi nous mettons en route pour le camp des Corax.
Je suis perdu, comme mes consœurs, et nous errons des heures durant dans les bois sans trouver trace de vie. Alors que nous nous extrayons des forêts limbiques, comme un présage funeste, nous avons la vision d’un spectre à l’image de Tétrarque qui nous toise à travers bois.

Après la bataille
Nous parvenons à ce qui fut le campement des Nobles, où des bruits de voix nous font faire halte. Nous découvrons une troupe de Sylvestre rescapés d’une bataille. Essoufflée, Eftichia fait le récit des affrontements : il n’y a plus rien à sauver au sud, et un élu a déjà trouvé la mort. Sans plus attendre, nous rebroussons chemin.

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Le sacrifice de l’élu des Banni.e.s. Photo : MT, cc-by-nc-sa

Résurgence
Tous les rescapés des affrontements et de l’incendie trouvent refuge au camp des Hospitalites. Je ne vois que des visages harassés de fatigue et troublés par les évènements. Je sens que la résurgence est proche, la tension monte, l’hostilité qui s’était apaisée refait surface. J’apprends des rumeurs effrayantes, mais n’ai pas le temps de démêler le vrai du faux : la folie gagne la foule, L’Innommable est devenu Oriente, que je vois ramper comme un animal, Cagoule m’apparaît changé en corax après une union contre-nature avec Merle, et les sylvestres corrompu par le Bouc noir égorgent sur la place ceux qui n’ont pas encore mué en créatures de la forêt. Je suis menacé, je sais que j’ai en moi la folie qu’il faut pour les tuer tous, je tends vers elle, mais ma raison me censure, et le temps me manque. Prostré et hébété, à nouveau je failli. Je suis massacré.