En fait, le métajeu c’est le bien

Et si l’envers du décor prenait son essor ?

(temps de visionnage / écoute : 37 min) / (temps de lecture : 6 min)

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MES ACTUS :

Jack of all trades, master of none Je te parle de la liste de tous les JDR auxquels j’ai déjà joué dans ma vie !

(temps de lecture : 7 min)

CRÉDITS :

Merci à Guillaume Rioult pour son accompagnement sur la rédaction du script.

Le petit bonhomme en plâtre est une photo de Thomas Hawk, cc-by-nc

Un grand merci aux personnes qui soutiennent ce projet de vidéos sur Patreon :
royneau ; DeReel ; Denis Langevin ; Maître Yo ; Claude Féry ; Ely Chevillot ; Sylvain ROUSSEAU ; Calameche ; Eric PRADEAU ; Julien Pouard ; Mathieu Grayer ; kF

LIENS UTILES :

[Notions]

calibration
carte pipi
carte X
chœur
débriefing
diégétisation
drama
être fan des personnages
guerre de questions
Hors-jeu
immersion
immersionnisme
infodump
ironie dramatique
jeu en performance
jeu homogène
jeu mécanique
jeu social
jouer la MJ
méta-jeu
métacommunication
Métafiction
métalangage
move
play to lose
RP pour du beurre
Sécurité émotionnelle étendue
sécurité émotionnelle
signes gestuels
steering
strates
tension
transparence
tropes
vertige logique

[Multimédia : série sur les mécaniques]

J’ai créé une encyclopédie de jeu de rôle
L’effet d’observation : comment l’étude du jeu de rôle révolutionne la pratique
L’implicite : pourquoi les jeux ne nous disent pas tout
Les règles ne servent qu’à faire joli

[Multimédia]

Thomas Munier, Les expériences que tu peux faire avec ton personnage, sur Outsider
Thomas Munier, Jouer du décalage entre fiction et méta, sur Outsider
Thomas Munier, Comment favoriser l’immersion en jeu de rôle, sur Outsider
Thomas Munier, Le non-dit, le non-jeu et le non-joué, sur Outsider

[Vidéos]

Ce qu’on ne vous a jamais dit sur le METAGAMING, par Le Scénarurgien – Jeux de Rôle
Vivi Féasson: Le jeu de rôle, loisir du méta? [Orc’idée 2017], sur la chaîne Youtube Orc’Idée

[Articles]

Uzz, Du chœur à l’ouvrage, sur Chroniques de la Guerre des Héros
Le jeu de rôle comme simulation, par Valentin T
Vivi Féasson, Le JDR, loisir méta-fictionnel par excellence, sur L’Averse
Vivi Féasson, Le rire méta, élément vital du jdr, sur L’Averse
Kali, Sécurité Émotionnelle Non-Outil, sur Gard3n.fr
Thomas Munier, Pourquoi sonoriser ses parties de jeu de rôle ?, sur Outsider
Thomas Munier, Pourquoi les actual play de Claude Féry sont mes préférés, sur Outsider
Thomas Munier, On joue deux rôles, sur Outsider
Thomas Munier, L’intégration des méta-techniques dans les GN immersionnistes, sur Electro-GN
Thomas Munier, Méta : je t’aime moi non plus, sur Outsider

[Jeux de rôle]

Des Couleurs de L’Amitié
Dragonfly Motel
Happy End
Inflorenza
Inflorenza Minima
L’appel de Cthulhu
Les Sentes
Orfraie et Enracine

[Jeu narratif]

L’hôtel du lion rouge

[Jeu vidéo]

The Stanley Parable

[Aides de jeu]

La playlist aléatoire de Musiques sombres pour jeux de rôles sombres !

[Compte-rendu de partie]

Eugénie, Dieflorenzhard en quete d’auteur, pour Inflorenza, sur Terres Etranges

[Livre]

Musiques sombres pour jeux de rôles sombres

LE SCRIPT :

Le méta-jeu regroupe tous les énoncés qui ne sont pas directement performatifs du point de vue fictionnel :
… évocation des mécaniques
calibration
… (guerre de questions) au sujet de la fiction
infodump
… commentaires sur la fiction (“tu nous as fait un sacré coup bas !”)
[Guillaume Rioult : On pourrait peut-être même intégrer la musique et la lumière au méta-jeu: ça ne produit pas directement du contenu fictionnel, mais ça conditionne les propositions que vont formuler les joueuses (en transmettant de l’information et en instaurant une émotion particulière). Cette catégorie d’éléments de méta-jeu semble d’ailleurs propice à l’immersion.]

Pour reprendre le terme de kF, vouloir jouer sans méta, c’est rechercher le jeu homogène, sans interruptions non directement fictionnelles qui viennent briser la performance.

Le méta-jeu regroupe aussi toutes les décisions prises en conscience par les jouaires plutôt que des décisions “instinctives” ou “logiques” du personnage :
… qu’il s’agisse d’enjoliver la fiction (jeu drama, play to lose)
… de rechercher une expérience (steering, cf contenu “Les expériences que tu peux faire avec ton personnage”),
… ou parce qu’on tient compte des infos que le personnage ignore :
ironie dramatique, cf contenu “Jouer du décalage entre fiction et méta
… conseils tactiques entre jouaires alors que les persos sont séparés ou ne peuvent communiquer
… ou en tenant compte des personnalités des jouaires (jouer la MJ, “j’agis ainsi parce que je sais que X joue toujours des traîtres).

Le méta-jeu n’est pas le Hors-jeu (“passe-moi le coca”), i.e. le méta-jeu est toujours le jeu mais juste pas dans la strate de l’histoire ou de la simulation (voir article de Valentin T sur le jeu de rôle comme simulation).
[Guillaume Rioult : Pour distinguer ce qui relève du hors-jeu ou du méta-jeu, je dirais que le hors-jeu concerne les éléments qui seraient présents si les personnes réunies pour la partie pratiquaient une autre activité (nourriture, environnement…), et tous les énoncés liés à ces éléments .
Le méta-jeu est lié à la partie et n’existerait pas ou n’aurait pas de sens si les personnes pratiquaient une autre activité.]

Le méta-jeu peut être proscrit pour plusieurs raisons (de même que le hors-jeu) :
… brise l’immersion (l’illusion est dénoncée, cf mon contenu sur l’immersion)
… brise le rythme (on quitte le registre “enlevé” de la fiction audio, cf article “Pourquoi les actual play de Claude Féry sont mes préférés”)
… brise l’équité (quand on tient compte d’infos dont le personnage n’a pas connaissance)

Pour autant, le méta est difficile à circonscrire totalement (cf conférence de Vivi Féasson: Le jeu de rôle, loisir du méta? [Orc’idée 2017], sur la chaîne Youtube Orc’Idée ; Vivi Féasson, Le JDR, loisir méta-fictionnel par excellence, sur L’Averse) et il y a pas mal de raisons de conserver du méta :
calibration, débriefing intermédiaire
sécurité émotionnelle et bien-être physique (carte pipi)
transparence
métacommunication (i.e. communiquer ses intentions plutôt que se borner à annoncer les choses en RP ou en mécanique)

Le point commun de ces raisons de garder le méta est la notion de confort et de confiance (cf Kali, Sécurité Émotionnelle Non-Outil, sur Gard3n.fr). Par exemple, dans Des Couleurs de L’Amitié, les PJ ont des comportements un peu cringe mais de bonnes intentions et c’est plus facile si on les verbalise sans attendre que le perso le fasse de lui-même.

Le méta sert aussi à établir des fictions spéculatives ou non performatives (cf contenu “Le non-dit, le non-jeu et le non-joué” ; j’ai aussi dans mes bacs un contenu sur le “RP pour du beurre”) :
… balancer des punchlines ou des actions qu’en vrai notre perso n’oserait pas faire mais en a un peu envie
… ou dire des trucs pour rire (“je tue le roi”)
[Guillaume Rioult : Le meta sert aussi à réguler la tension de la partie, que ce soit une blague qui fasse un peu relâcher la pression, ou au contraire des spéculations, sur ce qui pourrait arriver de pire, qui augmentent le stress. Ce n’est évidemment pas indispensable, ni toujours souhaitable, mais c’est une utilisation possible du méta-jeu.
Thomas : cf article de Vivi Féasson, Le rire méta, élément vital du jdr, sur L’Averse]

J’ai un peu l’impression que tous ces usages du méta relèvent de la Sécurité émotionnelle étendue. Certes ils ont l’effet disruptif sous-mentionné mais c’est pour la bonne cause. Disons qu’ils ont ma faveur mais chacun a son méta favori, ça peut être s’extasier sur un critique, hésiter en plusieurs options sur un move… [Guillaume Rioult : mettez en commentaire votre meta favori ^^]

Il faut aussi considérer que la fiction n’est pas le seul objectif de la partie (cf le jeu social, le jeu mécanique), ni même la seule composante de la performance : le méta-jeu peut servir la performance en tant que métalangage, de même que la mise en scène de soi en tant que jouaire a autant d’impact que l’interprétation de notre personnage (cf article “On joue deux rôles”)

L’ironie dramatique est aussi importante si on considère que l’on est à la fois autaire et public de la fiction.
[Guillaume Rioult : L’ironie dramatique est aussi un moyen paradoxal d’immersion dans la fiction (à défaut de totalement incarner le personnage), puisque sans elle beaucoup de personnages feraient demi tour face au risque et à l’horreur absolue (Cthulhu & Co.)]

Par ailleurs, si on est à la recherche de l’immersion ou du jeu homogène sans pour autant renoncer aux intérêts du méta, on peut diégétiser certaines métatechniques (cf article “L’intégration des méta-techniques dans les GN immersionnistes”) :
… prix à payer dans Inflorenza Minima
… esprits-fouines dans Les Sentes (la voix de chaque jouaire est la voix d’un esprit dans la tête des personnages)
… connexion télépathique entre persos dans Inflorenza.
[Guillaume Rioult : J’aime également beaucoup les codes de Dragonfly Motel, notamment le placement du corps pour savoir qui est présent dans la scène ou non, ainsi que pointer du doigt les papiers sur la table. Cette forme de langage meta est assez subtile et permet un bon compromis entre immersion et lisibilité de la partie.]

On peut également tenter des choses intéressantes, comme dramatiser les commentaires des jouaires sous la forme d’un chœur antique, comme le propose Uzz, Du chœur à l’ouvrage, sur Chroniques de la Guerre des Héros. Ici, le commentaire méta, diégétisé, n’interrompt pas la fiction et lui apporte une dimension supplémentaire, une mise en abîme. On peut d’ailleurs jouer avec ce chœur en apportant de l’ironie dramatique ou des interactions absurdes, à la manière de ce que propose le jeu vidéo The Stanley Parable.

Je vous invite à aller voir l’article Métafiction de wikipedia pour voir à quel point le concept peut aller loin dans la mise en abîme. Cf le vertige logique, Orfraie et Enracine, Dieflorenzhard en quête d’auteur, pour Inflorenza, sur Terres Etranges, L’hôtel du lion rouge.

Je parle aussi beaucoup du méta dans l’article “Méta : je t’aime moi non plus, sur Outsider”.

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