Pourquoi claquer ton compte CPF dans des formations à l’écriture alors qu’il te suffit d’ouvrir une base de jeu de rôle ? Qui l’eut cru ?
(temps de visionnage / écoute : 48 min) / (temps de lecture : 4 min)
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Le petit bonhomme en plâtre est une photo de Thomas Hawk, cc-by-nc
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LIENS UTILES :
Notions
- agentivité
- deus ex machina
- jeu textuel
- journaling
- liste de Tchekhov
- lore
- map making
- narration par la mécanique
- scénario en matrice
- SFFF
- système de résolution
- système
- table aléatoire
- world building
Multimédia — série sur l’écriture
- Écrire un jeu de rôle : quels sont les blocages créatifs et comment les surmonter
- Comment écrire un jeu de rôle accessible
- Plus jamais la page blanche !
- Comment tenir son public en haleine
- Pourquoi tu dois écrire ton manifeste poétique
- Thomas Munier, Les figures de style défigurent-elles ton style ?
Podcasts
Articles
- Thomas Munier, Le jeu de rôle, un outil pour l’écriture de roman
- Thomas Munier, Tonifiez vos roleplays textuels
- Quand les gosses de la ZEP se prennent pour Gonzague Prologue — L’Humanité
Atelier
Jeux
- Te Deum pour un massacre
- Hurlements
- Inflorenza
- The Balsam Lake Unmurders
- Marchebranche
- Les Forêts Mentales
- Le Témoignage
Comptes-rendus
Romans
- Gagner la guerre
- Les passagers clandestins du labyrinthe
- Dans le mufle des Vosges
- L’envoûtement au noir — extrait de Dans le mufle des Vosges
Transmédia
Chroniques de la Guerre de Lodoss
LE SCRIPT DE LA VIDÉO
Merci à Guillaume Rioult pour sa relecture et ses suggestions.
Le sujet du jour, c’est comment écrire un bon roman en utilisant des techniques de jeu de rôle.
On dit que les rôlistes sont des romanciers frustrés et qu’ils ne font pas de bons romans.
Faux. Cf. Jaworski, qui fait les deux : auteur du roman Gagner la guerre et du jeu de rôle Te Deum pour un massacre.
Je passe rapidement sur les romans ou séries à succès inspirés de jeux de rôle — The Expanse, Chroniques de la Guerre de Lodoss — pour aller directement aux techniques.
J’ai déjà traité le sujet ailleurs : podcast avec Erell et article de ma plume.
Ce que le jeu de rôle nous apprend pour écrire de bons romans
- agentivité du personnage (prendre des décisions logiques et spontanées)
- récit choral (dialogues à plusieurs, enrichissement inattendu, chaque personnage a sa volonté propre)
- rapport direct au public, qui vaccine contre les grosses ficelles (deus ex machina notamment)
- rien n’est sacré : on peut mourir sur un jet de dé
- avantage d’un lore développé, permettant des explorations transversales du monde (le JDR n’est pas centré sur un seul personnage comme le roman l’est souvent)
Option n°1 : romancer une campagne de jeu de rôle
Attention, c’est casse-gueule :
- les joueuses ne cherchent pas la qualité littéraire
- problèmes de propriété intellectuelle (jeu du commerce, jeu multi)
Cf. Gonzague Prologue, réalisé par un groupe d’enfants de 10-11 ans, avec notamment à l’origine de l’initiative Jean-Luc Bizien, auteur de Hurlements.
Option n°2 : écrire un roman comme une partie de JDR solo textuelle
- feuilles de personnage
- world building / map making
- choix du système : solo (ex. Dans le mufle des Vosges) ou multi (ex. parties avec Inflorenza) ; cadré (ex. The Balsam Lake Unmurders) ou ouvert (ex. Marchebranche)
- système de résolution, orientant certains comportements
- créer un scénario au préalable (ex. scénario en matrice)
- table aléatoire de scènes
- liste de Tchekhov
- écriture à plusieurs mains (ex. campagne multi-textuelle avec Les Forêts Mentales)
⚠️ Ces méthodes ne valent pas que pour la SFFF : on peut écrire romance, polar, littérature blanche. Beaucoup de jeux le permettent aujourd’hui, par exemple Le Témoignage.
Option n°3 : inspiration partielle d’une campagne de JDR
- univers
- personnages
- scènes marquantes
Mise en garde : improvisation
Le JDR produit parfois des scènes dont la valeur dépend fortement de leur contexte d’improvisation. Leur valeur intrinsèque peut être inférieure à celle d’une littérature retravaillée.
Une narration de JDR est globalement un premier jet et mérite un retravail.
Mise en garde : oralité
De nombreuses informations paraverbales nuancent la narration en JDR.
À l’écrit, elles disparaissent : il faut donc retravailler pour produire un effet équivalent. JDR, cet aspect sera perdu à l’écrit. Il faut donc retravailler pour obtenir en livre l’effet qui a été obtenu à la table.
Ah d’ailleurs je t’ai pas dit, mais ma première œuvre romanesque (une trilogie quand même ! ) est la retranscription (pas mal romancée) d’une campagne de… Warhammer Quest ! Donc carrément du portes-monstres-trésor. C’est inédit à ce jour, c’est un peu de ma faute car j’avais eu un retour positif de Nestiveqnen et je n’avais pas donné suite, honte à moi…
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