Le bilan de 16 ans de retours de parties devant vos yeux ébahis !
(temps de lecture : 4 min)
Portrait rare de votre serviteur en train de conter ses expériences rôlistes. Gravure par J. Hooper, d’après H. Thomson, licence cc-by
À mes débuts en tant qu’auteur de jeu de rôle (il y a plus de quinze ans), j’ai été accueilli par Johan Scipion sur le forum de Terres Étranges. Ce qui m’avait alors frappé, c’est qu’il faisait un compte-rendu écrit de *toutes* les parties de Sombre qu’il menait. C’était passionnant de suivre ainsi son processus créatif, ses succès et ses gamelles en tant qu’auteur, scénariste, MJ. Peu longtemps après, j’ai découvert le forum de Silentdrift, qui se voulait un équivalent francophone du forum de La Forge, et qui prônait également une culture du compte-rendu de partie, dans la mesure où il était supposé qu’on ne pouvait débattre d’une problématique rôliste dans l’absolu, et qu’il fallait au maximum exemplifier son questionnement par le récit d’une expérience de jeu. C’était aussi une époque où les actual plays étaient beaucoup moins présents qu’aujourd’hui et l’écrit était la principale fenêtre sur les parties des autres. J’ai beaucoup appris en lisant les CR de Johan et les CR sur Silentdrift.
Inspiré par ces deux exemples, je me suis à mon tour lancé à corps perdu dans l’exercice. J’y voyais plusieurs intérêts : prolonger les réflexions engagées lors des playtests, offrir une sorte de cadeau d’au revoir aux jouaires, archiver mon travail, et donner à rêver.
Peut-être plus encore important, le récit de partie est pour moi une façon de démontrer ce qui ne fait pas consensus en jidérie : la qualité et l’originalité des fictions jouées. Mes récits ne sont pas forcément rédigés de façon littéraire, mais j’espère qu’ils démontrent la singularité des histoires permises par mes jeux et le talent des jouaires.
Aussi gratifiante cette activité soit-elle, elle s’est également avérée chronophage. Il fallait bien souvent compter une heure, voire bien plus, par compte-rendu. Autrement dit, je passais souvent sur un CR l’équivalent d’un quart de mon temps passé à jouer. C’était du temps perdu pour écrire les lourds jeux que vous attendez de ma part.
J’ai donc décidé, je crois vers 2018, de ne plus écrire de compte-rendu. Mais cette décision a peut-être été invisible pour vous, car j’ai mis beaucoup de temps à diffuser tous les CR qui dormaient sur mon disque dur, et également j’ai plusieurs fois dérogé à cette résolution, que ce soit pour écrire des parties solo ou pour rapporter des expériences particulièrement importantes, et notamment j’ai continué à faire un CR de chacune de mes sessions du GN Les Sentes.
Mais aujourd’hui, j’ai enfin fini mon roaster, et l’importance de finir l’écriture de lourds bouquins de jeu de rôle se faisant plus pressante encore, je compte bien ne plus déroger, même pour des événements qui m’enthousiasment particulièrement, tel le GN à venir Invitation à la cour féerique (il reste toujours des places, inscrivez-vous !).
Je ne regrette pas pour autant d’avoir fait autant de récits de partie, car ils forment aujourd’hui un écosystème qui a peu d’équivalents en jidérie. Rien que pour Millevaux, il y a 416 retours de partie (en comptant les actual plays et les retours de partie par la communauté). Quand Marchebranche sort, c’est pas moins de 40 retours par ma plume et presque autant par la communauté que le public à a se mettre sous la dent. Bien entendu, je tâche de rédiger des jeux qu’on peut jouer sans avoir besoin de lire des retours (hormis l’éventuel replay de partie présenté dans le jeu), mais la masse de retours produites aide beaucoup à donner à rêver, à se projeter.
Et pour les autres raisons susmentionnées, l’exercice du retour de partie m’a énormément apporté.
Par ailleurs, le flot de CR ne va pas se tarir tout de suite, puisque c’est pas moins de 44 retours par la communauté que j’ai à relayer. Sans compter tous les retours par le prolifique Claude Féry, qui sont déposés sur son blog Subjoncticiel (dans leur cas précis, je me contente de les référencer sur les pages dédiées à chaque jeu, mais je dois avouer que j’ai pris bien un an de retard).
C’est maintenant l’heure de vous proposer un bilan suivi d’un top 10 :
Le bilan :
Pour les jeux Millevaux, les retours de mon fait (récits et actual plays cumulés) représentent 52 jeux et 428 retours. Le plus représenté est Inflorenza (104 retours) suivi par Millevaux Sombre (69) et Marchebranche (40)
Pour les jeux non Millevaux, on totalise 10 jeux et 46 retours. Les jeux les plus chroniqués sont Wonderland (14 retours) et Dragonfly Motel (10 retours)
Je vous épargne les retours que j’ai fait pour des jeux qui ne sont pas les miens et pas dans l’univers de Millevaux, car ils sont trop compliqués à recenser.
Le top 10 :
Et enfin, le classement que vous attendiez tant ! Sacrifices et mauvaise foi au rendez-vous !
Vous pouvez retrouver un top plus élargi ici.
Post-apocalyptique. Forestier. Sludgecore. Un supplément pour le jeu de rôle Sombre, de Johan Scipion. Horreur radicale pour one-shots meurtriers.
Mildiou, à la Convention Eclipse 2010 (pour ses nombreux commentaires sur le scénario et le jeu)
Héros, salauds et martyrs dans l’enfer forestier de Millevaux.
Campagne Tre Città per Morire, cercle privé, 2013 : Florence Charnelle, Venise Mortelle, Rome Éternelle (plonger dans la décadence d’une Renaissance italienne revisitée)
Contes cruels dans la forêt de Millevaux
Les Énervés de Jumièges, en cercle privé, 2015 (Sans nerfs et sans parole, dériver sur la Seine, vivre encore, agir sans agir.)
Le GN des drames forestiers dans une réalité sorcière
Dusk River (Un retour sur la plus ambitieuse session des Sentes à ce jour, 40 personnes plongées dans un western initiatique en pleine forêt sauvage durant tout un week-end ! temps de lecture : 22 minutes)
Aventures initiatiques dans un monde de forêts en clair-obscur
La renarde de Châteaunoir : Ambiance old school entre fable animalière et intrigues à la Trône de Fer
Clochards magnifiques dans les forêts hantées de Millevaux.
Pour elle, à Terminus Ludi, 2015 (la beauté des techniques de fusion)
Styx, en cercle privé, 2015 (Premier test de la règle du Goupil, pour une plongée crapoteuse dans les bas-fonds de Métro.)
Millevaux exploré avec les jeux de rôles des autres.
Dar-El-Aswad, au Festival Scorfel 2015 (Avec Innommable, débauche organique, métaphysique et mémorielle pour un commando familial à la recherche de la souche parfaite.)
Dans d’autres univers :
Piégés dans les réalités
Cardbox (Révolution du monde et révolution des règles, pour un scénario entre Inception, The Cell, Paprika, Ghost in the Shell,Shutter Island et Les Petits Mouchoirs !)
Quêtes surréaliste pour voyageurs imprudents.
La Reine de la Vitesse / Un concert pour sauver l’univers (Quand l’aventure dépasse la vitesse de Fahrenheit 451, le crash est inéluctable.)
Donjons & Dragons 1ère édition
Voyage au bout de noël (Ou comment faire du drame contemporain avec le plus ancien des jeux de rôles)









Encore une page qui se tourne ! J’espère que vous avez aimé cette aventure et que vous rejoindrez les suivantes !
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