La porte de la ruine

LA PORTE DE LA RUINE

Alors que Millevaux a envahi Mertvecgorod, Haze se retrouve baby-sitter d’une femme qui s’avère être une porte entre les mondes… 5ème épisode de la campagne solo multisystèmes Millevaux / Trilogie de la Crasse par Damien Lagauzère.

(temps de lecture : 12 min)

Le jeu principal de cette séance : Gate Watch, garder la porte entre les royaumes

Autres jeux utilisés  : Mantra, La Trilogie de la Crasse

Avertissement : contenu sensible (voir détail après illustration)

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Iñaki MT, cc-by-nc-nd, sur flickr

Contenu sensible : tentative de viol

Parties précédentes de la campagne Millevaux / Trilogie de la Crasse :

1. [La Trilogie de la Crasse] La Reine de la Crasse
Première partie d’une nouvelle campagne Millevaux solo-multisystèmes, en crossover avec la mythologie de la Trilogie de la Crasse et la ville crapoteuse et hallucinée de Mertvecgorod née sous la plume de Christophe Siébert. Où un simple exécutant s’entiche pour la victime qu’il doit convoyer et tente l’impossible pour la retrouver.

2. [S’échapper des Faubourgs] Tuer Précieuse
Une incursion dans un sous-monde où à la fois l’univers de Cœlacanthes et le thème des femmes au destin tragique envahissent tout.

3. [Grey Cells] Le coût d’entrée
L’agent-mouche décide de partir dans Millevaux pour sauver le monde même si tout le monde s’en fout… et quoi que ça puisse lui coûter.

4. [La Trilogie de la Crasse] La poubelle du multivers
Désavoué, l’agent-mouche Haze se la joue en solo et part en enquête à l’aveuglette dans les recoins les plus sordides du multivers, où Millevaux progresse toujours plus.

   
L’histoire :

Millevaux ! Je suis de retour à Millevaux ! Je ne peux pas croire que la Magicienne se soit à ce point foutue de ma gueule ! Et elle s’est doublement foutue de ma gueule car j’ai les pieds dans la flotte, dans la boue d’un marais aussi putride que la Langue des monstres qui hantent cette forêt.
    Il fait presque nuit. La tempête fait rage. Je suis dégoûté et trempé. Je suis seul et c’est tant mieux. En qui puis-je avoir confiance ici. Tout le monde est taré ! Taré ou un monstre! Si je vois quelqu’un, je le bute ! Non, en vrai, si je vois quelqu’un, je me tire dans la direction opposée.
    En vérité, je ne suis pas seul. Allongée dans la mousse trempée, il y a cette fille. L’air est saturé d’Égrégore. J’ai peur. J’ai peur de cette fille. Elle… dort ? Elle est inconsciente en tout cas. Je devrais me tirer. La buter. Et me tirer. Mais je me souviens des mots que la Magicienne n’a pas prononcé. La Gate, c’est la fille. C’est la Gate. Et moi, je suis le Watcher.
    Autour de moi, autour d’elle, je sens l’Égrégore… bouger, prendre forme. Elle se combine et je me rappelle ce que je n’ai pourtant jamais su. Je me rappelle quelle est ma mission. Je suis le Gate Watcher. Et elle, Eurydice, elle est la Gate, le point de passage, un point de passage, entre Millevaux et me monde d’où je viens. Sur le coup, je ne comprends pas trop comment cette fille peut faire office de portail. Je sais qu’elle a des visions, mais c’est tout. Ce n’est pas une espèce de sorcière. Juste une barjo que je soupçonne d’être accro à la came des Soars. Puis je comprends comment la Gate pourrait me permettre de me tirer d’ici. Si je la tire, je me tire. Et elle est inconsciente. Je pourrais la tirer… et me tirer. Mais j’ai une mission. Et au terme de cette mission, j’aurais une vision. Enfin, elle aura une vision, rien que pour moi. Et puis bon, je ne peux quand même pas abuser d’une fille comme ça. Je ne suis pas un pourri non plus ! Par contre, je n’en dirai pas autant de la population locale. Donc, je protégerai Eurydice de ceux qui veulent lui passer dessus pour passer de l’autre côté. J’aurai ma vision et je trouverai un autre moyen de rentrer chez moi.

    La tempête fait rage et Eurydice dort. Je n’ose pas la réveiller. Je me penche au dessus d’elle pour lui épargner un peu de pluie et réfléchis à là où je pourrais bien la conduire. Je pourrais trouver une ruine, une carcasse d’un véhicule géant comme on en trouve parfois. Et avec un peu de bol, je pourrais la remettre en marche. Mais finalement, est-ce que l’endroit le plus sûr ne serait pas dans ma tête. Même morte, je conserverais son souvenir intact. Et si je lui passais en rêve, ce serait pas pour de vrai mais… est-ce que je pourrais quand même me tirer de Millevaux ? Si je la tire pour de faux, pourrais-je passer de l’autre côté pour de vrai ? Faut vraiment pas que je pense comme ça ! Ce serait bien qu’elle se réveille.

    Il y a toujours du vent mais au moins il ne pleut plus. Eurydice a fini par se réveiller. Elle n’a pas eu l’air surprise de me trouver là mais à quand même tenu à ce qu’on repose un peu les bases de notre relation. Je lui demande qui est au courant qu’elle est la Gate. Tout le monde, elle me dit. Ça commence fort. Tout le monde est donc un ennemi potentiel. Elle me confirme aussi qu’elle « fonctionne » bien comme je le soupçonne. Je m’étonne que personne ne lui soit déjà tombé dessus. Elle ne rentre pas dans les détails mais je comprends qu’on lui est déjà tombé dessus. Mais il était le Gate Watcher, là ? Je lui demande qui l’a faite ainsi. « Le Lion, bien sûr ! » qu’elle répond. Bien sûr… Et est-ce que je peux quand même compter sur quelques alliés ? Elle répond « Le Golem et Kid, bien sûr ! » Bien sûr…

    Et à son tour, elle m’interroge. Quand est-ce que j’ai su que j’étais un Watcher ? Bah, y a pas très longtemps en fait, quand je l’ai vue. Je précise que je ne suis pas d’ici. Je viens de l’autre côté et… j’aimerais bien y retourner. Si elle voit ce que je veux dire. Mais, je prendrai une autre route, évidemment. Bref, ça ne fait que quelques heures que je suis officiellement son nouveau Watcher. Qui était l’ancien d’ailleurs ? Le Golem ? Je ne suis pas vraiment surpris. Ce qui me manque ? Bonne question. Je ne sais pas trop en vérité. Déjà, je veux rentrer chez moi. On m’a parlé d’une vision aussi. Si ça m’est arrivé de me planter ? Mais tout le temps, jeune fille ! Tout le temps. Je ne fais que ça, me planter. Et m’en sortir par une pirouette, le plus souvent en m’enfuyant dans un autre monde. Et ça n’empêche pas les emmerdes de me rattraper. Mon plus grand talent ? Et bien, je ne voudrais pas être prétentieux mais… je crois que je ne suis pas entièrement idiot. Je suis une Mouche, une sorte de détective métaphysique et je suis plutôt bon dans ce domaine. Trouver des indices, des informations, tisser des liens entre les faits, faire sens et tout ça quoi. Si j’ai un mentor ? Pas vraiment non. Ou alors, le Joueur peut-être. Je vois que le Joueur, ça lui parle mais on dirait qu’elle n’en a pas une compréhension aussi fine et précise que moi ou la Magicienne. Eurydice est un PNJ important mais… ce n’est qu’un PNJ finalement. La personne qui compte le plus pour moi ? La Reine, bien sûr ! Et ne me demande pas pourquoi car je n’en sais rien moi-même.

    Et donc, elle me résume ainsi : je suis Damon Haze, la Mouche, le détective métaphysique. Je ne suis Watcher que depuis quelques heures et mon meilleur moyen de faire face aux emmerdes et de me tirer dans un autre monde. J’aurais aimé que ça lui arrache un sourire mais je la sens vraiment pas rassurée avec un Watcher pareil. Je la comprends.

    La nuit est brune. Nous marchons. Eurydice, Kid, le Golem. Je lui parle de Lateralus. Sait-elle que ce texte existe ? Elle me dit n’en avoir jamais entendu parler. Dois-je la croire ?

    La nuit est brune et il y a du brouillard. Nous avons marché longtemps. Nous sommes arrivés dans ce qui reste d’une barre d’immeuble en ruine. Ça empeste. Je ne sais pas pourquoi mais cet endroit me rappelle quelque chose. Eurydice ne dit rien et me suit sagement. On monte par les escaliers. Il y a eu un ascenseur mais c’était il y a longtemps. Aujourd’hui, la cage est envahie par des lianes et autres plantes grimpantes. Et je suis sûr qu’il y a des bestioles aussi.
    Je me laisse guider par mes pas, mon instinct et je me retrouve… dans mon appartement. Ou plutôt, ce qu’il reste de mon appartement. C’est dingue mais j’en suis certain. C’est chez moi ici. Tout est en ruine, envahi par la forêt et l’humidité mais je reconnais ce qui a été mon chez moi, avec vue sur la Zona. Est-il possible que ça explique cette horrible odeur ? Par delà l’espace et le temps, la décharge continuerait d’empester ? Je jette un œil à Eurydice. Elle demeure impassible. Elle a trouvé un bout de bois ou un caillou ou je ne sais quoi avec lequel elle écrit quelque chose au bas d’un mur. « C’est de la science ! » je lis. Je lui demande ce que ça veut dire. Elle ouvre grand les yeux, visiblement choquée. Par ma question ? Quand même pas ? Je ne sais pas pourquoi, je me retourne. Et je la vois ! May Bai ! Qu’est-ce qu’elle fout là ? Comment elle est arrivée ici ? Imperturbable, elle est assise sur ce qui a été un canapé-lit déplié. Et elle braque un flingue sur moi.
    « Tous les chemins mènent à la RIM » elle dit. Aussi, ça ne l’étonne pas de nous trouver ici. En fait, ça fait même un moment qu’elle nous attend. Je ne comprends pas. Et je finis quand même par comprendre. Elle a dû me voir avec la Magicienne. Elle m’a vu prendre la Noix. Elle s’est doutée que la Magicienne m’enverrait à Millevaux. Après, entre son don pour parler avec les morts et la magie des Soars pour se balader entre les mondes… Bon, je suis bien obligé de reconnaître qu’elle a bien joué le coup.
    J’essaye de calmer le jeu. Je lui explique que c’est par hasard que je lui suis tombé dessus. Ses affaires ne m’intéressent pas, je suis sur un autre coup. Pas la peine donc de me buter, elle peut s’en aller tranquille je ne dirai rien à personne et quand je rentrerai, j’oublierai tout ce qui la concerne, promis. Elle m’écoute attentivement. Est-ce que je vais réussir à m’en tirer juste comme ça ? En vrai, je ne mens pas tant que ça car c’est quand même un peu par hasard que je lui suis tombé dessus. Et c’est quand même le hasard qui veut qu’il y ait peut-être quand même un lien entre ses affaires et les miennes. Mais d’ailleurs, est-ce elle et les Soars qui refilent sa came à Eurydice. Oui, évidemment. Bon, tout ça passe tout de suite moins pour le pur fruit du hasard.
    Je ne suis absolument pas en position de poser des questions. Pourtant, May Bai ne dit rien et attend. En vrai, je fais la conversation tout seul et j’ai la désagréable impression de lui en lâcher plus qu’elle ne l’aurait souhaité juste en voulant meubler ce silence des plus gênants. Il serait d’ailleurs peut-être moins gênant sans le flingue braqué sur moi. Mais vaut mieux moi qu’Eurydice. En fait, je réponds à ses questions sans même qu’elle ait à les formuler. Elle doit être très satisfaite d’elle-même. Alors, autant y aller à fond.

    Je lui explique que mon job consistait à trouver Eurydice. Devinant qu’elle devait se défoncer avec une came hors norme, j’ai évidemment pensé aux Soars, ce qui m’a mis sur leur trace, et la sienne par la même occasion. Je lui dis être au courant pour les Stations Fantômes. Enfin, je sais juste que ça existe mais je sais pas ce que c’est, ni à quoi ça sert, ni comment ça marche. Je lui dis juste que je pense que ça sert à capter les voix des morts. Je me trompe ? Elle fait la moue. Ça ne doit pas être tout à fait ça mais j’ai pas dû taper très loin.
    Cette femme est d’un sang-froid absolu. Ça me rend dingue. Je ne veux pas lui perler de Lateralus, de Kid et des Abeilles. Je ne dois absolument rien lâcher là-dessus. Je suis convaincu qu’elle et les Soars sont mêlés à tout ça mais avec ces conneries temporelles, il est plus que possible qu’eux-mêmes ne le sachent pas encore. Et si c’est le cas, si pour l’instant ils ne sont encore que des pions qui l’ignorent, j’ai peut-être une longueur d’avance. Et puis, je dois aussi protéger Eurydice.
    May Bai est toujours assise sur le canapé-lit. Derrière elle, ça fait certainement des décennies voire plus que la vitre a explosé. Même si elle me tire dessus, j’aurais quand même pris assez d’élan pour la pousser dans le vide. Je vais peut-être crever là mais ça se tente.
    Je lui saute dessus. Elle tire. Je prends une balle dans la jambe. Je la heurte. Elle part en arrière et lâche son arme. Je me retrouve sur elle et la plaque au sol de tout ce qui me reste de force. Elle sourit, lasse. Elle regarde par dessus mon épaule. Moi aussi. Eurydice s’est emparée du flingue et la braque. Je serre les dents pour faire le dur mais en vrai c’est à cause de la douleur. Mais je dis quand même « Alors, c’est quoi les Stations Fantômes ? »
    D’un mouvement de la tête, elle montre ce qu’Eurydice a écrit au mur. C’est de la science, elle dit. Un truc qui marche avec du Pétrol’Magie. Le même truc qui sert aux Soars à faire leur came. Ça permet d’entendre les morts mais c’est un effet secondaire. L’effet recherché, c’est d’établir un réseau afin de communiquer avec l’homme de demain, le post-humain. Il aura une mission à accomplir et c’est par l’intermédiaire des Stations Fantômes qu’il sera guidé. Et voilà pour ce qu’elle sait. Pour ce qu’elle a compris. Son job dans l’histoire ? Servir d’intermédiaire avec les Soars et expliquer le pourquoi du comment concernant la captation des voix des morts. Et Eurydice dans tout ça ? Bah… elle sait pas. Et je pense que soit elle ment, soit elle ne sait pas… encore. Mais ça viendra. C’est écrit dans Lateralus. Eurydice a un rôle à jouer là-dedans mais même elle ne le sait pas encore.
    Je relâche ma prise sur May Bai. Je laisse Eurydice la surveiller et fais les cent pas en réfléchissant. L’homme de demain, le post-humain, c’est Kid. Guidé par les Stations Fantômes et Eurydice, il était sensé combattre le Seigneur des Recoins et ses abeilles mais ça s’est mal fini. Il a fini les deux pieds dans la boue de Millevaux, comme une sorte de négatif du Golem. Le Golem a finit planté dans la terre comme une fleur ouverte aux ondes. Mais Kid finit seul dans le noir. Il a échoué. Et si… et si ma mission consistait à faire en sorte qu’il réussisse ?

    « May Bai, je crois qu’on est pas vraiment ennemis en fait. »

    Elle sourit. La lassitude l’a quittée.

    Je me relève comme je peux. Eurydice me rend mon flingue. Je me rassois quasiment aussi sec. Ma jambe me fait vraiment mal. Eurydice s’en occupe comme elle peut mais, avec les moyens à sa disposition, je ne peux pas lui en vouloir de ne pas faire des miracles. Au moins, ça ne saigne pas trop.
    May Bai jure une fois de plus qu’elle n’en sait pas plus. Elle me redit qu’elle pense elle aussi qu’on a un but commun. Elle n’a pas d’intérêt à ce que Kid échoue. Si ce Seigneur des Recoins doit nous tomber dessus, autant que Kid s’en occupe. Nous, on a déjà assez à faire avec l’Entropie, Antéros et Millevaux. Millevaux… Va falloir sérieusement penser à se tirer d’ici d’ailleurs. Mais j’y pense, si May Bai est arrivée ici grâce à la magie Soar, peut-être pourra-t-elle me ramener avec elle ? Ça se passe comment, le retour ?, que je lui demande. Elle fouille dans sa poche et en ressort un paquet de Billes. Elle sourit. C’est du Vish. La came des Soars. Je ne m’y connais pas trop là-dedans. Je ne sais pas si c’est fait à partir de Pétrol’Magie, de Foutre de Mouches, de restes de cadavres humains… Peut-être un peu des trois. Je me retourne vers Eurydice. Elle a les yeux qui brillent quand elle voit les petites sphères. J’ose un trait d’humour en lâchant qu’au moins on aura pas à utiliser la Gate pour rentrer. Et Eurydice, sans aucun humour quant à elle, précise qu’à cette période du mois, de toute façon, la Gate est impraticable. May Bai sourit. Je tilte.

    May Bai regarde par la fenêtre et nous dit qu’il va falloir expliquer à ces gens que la Gate est impraticable justement. Je me penche. Une demi douzaine de personnes s’approche. Même d’ici on voit qu’ils sont difformes. Ce ne sont pas des mutants radioactifs ou des trucs comme ça, juste des gens aux os tordus. Je comprends qu’ils veuillent se tirer d’ici, mais en vrai je pense qu’ils ne seront bien nulle part.

    « Et si c’était des mutants radioactifs, demande May Bai, tu ferais quoi ? »

    Je leur tirerais dessus, je dis. Mais là, je peux quand même pas tirer sur une bande d’éclopés. Pourtant, eux ne vont pas se gêner, ils feront tout ce qu’ils peuvent pour passer de l’autre côté, elle dit. Et je vois où elle veut en venir. Alors, je me relève et avance péniblement jusqu’à la fenêtre. Je sors mon flingue et leur intime l’ordre de faire demi-tour. Et j’espère vraiment qu’ils vont obéir.
    J’entends leurs rires. Ils ne sont pas totalement rassurés, ça s’entend. Mais ils rigolent quand même et avancent. En vrai, ils n’ont rien à perdre. Ces types là ne sont pas vraiment méchants. Ils souffrent. Ils sont bêtes, ils ont mal. Ils espèrent que ça sera mieux de l’autre côté. Ils sont aveugles. Ils ne voient pas Eurydice comme un être humain. Ils voient juste la Gate. Avec un peu de bol, ils ne savent même pas à quoi ressemble la Gate ni en quoi consiste le rite de passage. Je devrais tirer mais je peux pas.
    May Bai me prend l’arme des mains. Elle peut tirer. Elle tire. Les tordus s’enfuient en hurlant. May Bai me rend mon arme. Elle se fout ouvertement de ma gueule. Je fais un beau Watcher ! Je regarde Eurydice et, l’espace d’un instant, je me fous de sa Vision. Je veux juste rentrer chez moi, je dis à May Bai. Je lui demande une Bille. Je veux juste rentrer et montrer ma jambe à Corso. Et à ma grande surprise, elle me tend une Bille. Je la regarde. Je regarde Eurydice. Elle ne dit rien. Elle a juste une petite moue qui me fait penser qu’elle voudrait que je reste mais… elle ne dit rien.

    Je regarde la Bille dans le creux de ma main. En vrai, là, maintenant, tout de suite, je peux me tirer. Je peux rentrer chez moi. Ou ailleurs… En tout cas, je peux me tirer de Millevaux. Ça veut dire que je laisse tomber Eurydice. Mais May Bai reste avec elle et c’est peut-être pas plus mal. De toute façon, qu’est-ce que je peux faire avec une balle dans la jambe ? Je demande à May Bai si elle veut mon flingue. Elle me dit qu’elle n’en aura pas besoin. Dans ce cas…

    Je gobe la Bille. J’avale de travers et je manque de… dé-gobe-biller…
    Je voyage de travers.
    Où vais-je atterrir ?

Commentaires de Thomas :

A. Dans ma numérotation, ça passe de Millevaux de la Crasse 4 à Millevaux de la Crasse 7. Est-ce à dire qu’il me manque des épisodes. Est-ce parce que ces épisodes ne se passent pas dans Millevaux ? Si oui, puis-je avoir les liens vers les CR sur ton site, à l’attention du lectorat de tes CR que je vais reposter dans Terres Étranges ?

B. « Pas la peine donc de me buter, elle peut s’en aller tranquille je ne dirai rien à personne et quand je rentrerai, j’oublierai tout ce qui la concerne, promis. »
J’adore le courage si caractéristique de la Mouche 🙂

C. Du fait que j’ai loupé des épisodes, qui est May Bai ?

Réponse de Damien :

A. Cela vient peut-être de ce que je ne te les ai pas envoyé si ça n’était pas joué directement dans Millevaux ou avec un jeu dédié. C’est possible ça. Je te mets le lien vers mon blog au cas où car de tête je ne sais plus.

Cela doit être là dedans^^ :
Épisode 5 : Mantoïd Universe
Épisode 6 : Synthesis

B. Ce courage… c’est le mien ^^

C. Alors c’est un PNJ qui est apparu dans les épisodes plus liés à la Crasse. Tu n’as pas dû les avoir car je n’ai pas dû les jouer dans Millevaux ni avec un jeu de Millevaux.

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