Les vies gigognes

LES VIES GIGOGNES

Effets de miroirs et lunettes grossissantes pour une rêverie collective entre les genres et les identités.

(temps de lecture : 3 min)

Le jeu : Dragonfly Motel, un jeu-mirage pour voyages imprudents

Joué le 26/11/17 dans un bar lors de la Tournée Paris est Millevaux 6

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Jef Safi, cc-by-nc-nd

Le contexte :

Nous jouons cette partie selon la version « Roses » du jeu (avec un plateau, et des papiers qui sont écrit à la volée durant le jeu) dans un temps assez réduit (je crois qu’on avait en tout et pour tout 1h1/2, entre le jeu et le papotage) et dans un bar près de la Gare Montparnasse, qui deviendra de plus en plus bondé au fur et à mesure de la partie, si bien qu’à la fin les conditions sonores étaient difficiles. La musique du bar nous a parfois servi d’inspiration, et j’ignore à quel point cet insolite lieu de jeu a influencé notre rêverie collective, mais en tout cas ce fut plus que jamais des plus étranges. J’avais pour ma part décider d’incarner une femme transgenre aussi glamour que malheureuse mais je ne l’ai pas vraiment expliqué aux autres, et qui sait ce qu’elleux m’ont caché ! Voici des bribes de ce qui, éventuellement a pu se passer :

L’histoire :

Un motel abandonné dans les bois.
Une chambre avec des miroirs qui communiquent physiquement entre eux.
Une femme recherche la chambre 000, le majordome la conduit à la chambre 1774.

Soleil de minuit.

Une horloge sonne dans toutes les chambres.

Le gardien fume un cigare à paillettes.

Ils dansent jusqu’à tomber au sol, et dessinent une porte qui s’enclenche.

Un homme se voit dans les miroirs en enfilade.

Dans sa loge, le gardien ouvre une boîte à cigares et y prend une clé cuivrée.

La femme danse avec le gardien sous une boule à facette.

Elle paye sa chambre avec son cœur que le gardien mange.

Le majordome balaye la chambre 1774 sur les tuiles. « Vous faut-il un miroir ? »

La femme a des pattes d’oiseau.

C’était la voiture dans laquelle je suis arrivée.

Le majordome avec un balai, les corps, il masque la voiture avec des roues rouges.
Je dois la réparer
Une grosse corvette tirée par un âne blanc et un âne noir.
Le majordome désosse la corvette et l’amollit, en fait une toile et recouvre les ânes.

Le miroir.

Des couloirs en enfilade, qui rappellent le lycée.

Un couloir va dans le passé ou la femme fait son coming out de genre.

E. se réveille enfin, dans une tunique de soie, elle vérifie ses dreads, les voit dans le miroir, s’en fait une moustache, la moustache tombe.
Elle cherche la cuisine, dévore la spatule. L’horloge ne sonne pas. Il n’y a plus de fenêtres.
Le majordome l’amène à la porte 000 : « Connaissez-vous la combinaison du coffre ? »
E. arrache les numéros : cela donne la combinaison 1234.
Dans le coffre, il y a un pot de porcelaine blanc, qui dégage odeur de café.
E. plonge la tête du majordome dans le café, puis elle rentre dedans.

Tout le monde danse dans le hall, j’ai une robe rouge, je suis rayonnante, il y a un petit bonhomme qui danse sous chaque rond de lumière des projecteurs sur les robes des gens : je rentre dedans, on est dans un coffre à bijoux, je danse avec un petit bonhomme bleu.
Un petit bonhomme avec un costume d’explorateur plonge dans un autre petit bonhomme.
il y a une porte dans le tissu : une armoire dont j’ai la clé, l’explorateur se jette dedans, devient une théière.
Il redevient une femme qui porte une théière avec un regard vide. E. parle de son meilleur ami, qui se plaint, vient, pleure sur son épaule, elle lui demande de pleurer sur l’épaule droite.

La femme oiseau ouvre la malle du meilleur ami.
Ils y trouvent des photos du meilleur ami jeune, et vieux.
On ouvre la malle d’E., il y a des photos de foret.

Une série d’échanges métaphysiques sur l’existence du motel, de la forêt, des nuages.

La corvette à fond. E., moi, la femme oiseau.

L’autoroute, le motel au bout, le compteur est une horloge.

Dans le rétro, le jardinier des théières roses.

Disparition.

Papiers déchirés :

Beauté : la clé cuivrée d’une belle armoire pleine de mystères et d’erreurs
Motivation : refaire marcher cette vieille voiture
Question : que se passe-t-il si on peint par-dessus un miroir ?
Destin : « Vous n’existez pas »
Blessure : Qu’y a-t-il dans la suite [000 ?] (entre crochets : partie déchirée)
Destin : (devenir ?) jardinier, à faire pousser des théières au milieu des roses
Attache : tu es un/une autre
Attache : un camée nacré, une mèche de cheveux de ton aimé.e dedans
Blessure : l’odeur du café
Question : Qui est-elle vraiment, cette ombre ?

Papiers intacts à la fin de la partie :

Attache : l’ombre de mon destin inassouvi
Beauté : la fumée
Destin : un jour j’irai jusqu’au centre
Question : pourquoi je ne me reconnais même pas ?
Destin : devenir tenancière du motel
Blessure : L’ennui et la mélancolie de la vie. Que c’est long, l’immortalité…
Motivation : récupérer son cœur
Beauté : la nostalgie des couloirs du lycée
Attache : cette forêt ratée, sauvage, que je ne veux jamais voir disparaître
Beauté : se réconcilier avec soi-même

2 commentaires sur “Les vies gigognes

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