Que rien ne s’efface, que la matière grasse…
(temps de visionnage / écoute : 10 min) / (temps de lecture : 2 min)
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Le petit bonhomme en plâtre est une photo de Thomas Hawk, cc-by-nc
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LIENS UTILES :
[Notions]
énoncé fictionnel
fumble
Hors-jeu
immersionnisme
in character / out of character
ironie dramatique
jeu social
maelstrom
Méta-jeu
parole performative
proposition / validation
proposition
roleplay
[Multimédia : série sur le roleplay]
Comment faire tourner un groupe de PJ disparates
Conseil N° 1 pour mieux jouer : mets-toi à la maîtrise
Éloge du RP dînette
[Multimédia]
Thomas Munier, Le non-dit, le non-jeu et le non-joué, sur Outsider
Thomas Munier, En fait, le métajeu c’est le bien, sur Outsider
[Articles]
Vivi Féasson, Le JDR, loisir méta-fictionnel par excellence, sur L’Averse
LE SCRIPT :
Dans Le Maelstrom, Romaric Briand explique que jouer à une partie de jeu de rôle consiste à faire des propositions, c’est-à-dire proposer des énoncés fictionnels qui vont venir modifier la fiction. Dans cet axe, tout roleplay aurait vocation à être performatif, i.e. ce que fait ou dit mon perso par ma bouche, il le fait dans la fiction du moment qu’il y a validation pour le reste de la table et par les mécaniques.
Cependant, je pense qu’une bonne fraction de ce que fait ou dit notre perso par notre bouche n’a pas vocation à être proposé comme une modification de la fiction. Autrement dit, une fraction de notre RP est « pour du beurre ».
Déjà, toutes nos propositions non validées sont fondamentalement du RP pour du beurre. Une longue tirade annulée par un échec au jet de diplomatie, une action invalidée par « ton personnage ne ferait jamais ça » ou un conseil tactique, un « je saute au-dessus du ravin » contrarié par un fumble…
Nous faisons des propositions pour notre personnage et elles sont refusées ou modifiées. Cf. « Le non-dit, le non-jeu et le non-joué« .
Mais il y a aussi plein de situations où nous disons des choses « avec la voix de notre personnage » et nous ne voulons pas vraiment qu’il le dise. Ce sont des non-propositions, du RP pour du beurre :
✤ commentaires du perso absent ;
✤ dire à haute voix les pensées du perso (i.e. on n’est pas censé en tenir compte : procédé d’ironie dramatique)
✤ du RP spéculatif : « [ce serait marrant si] mon personnage disait ou faisait que » : on fait généralement l’économie de cette précaution oratoire entre crochets, le ton de voix et le non-verbal étant censé faire comprendre que « c’est pour du beurre » ;
✤ conseils tactiques : quand on est autorisé à faire des conseils tactiques alors que notre perso est absent ou empêché de parler, on ne sait jamais si ces conseils tactiques sont in character ou in player.
Voir le jdr comme une construction de fiction est sinon inexact, incomplet. Il y a beaucoup de temps de parole consacré à autre chose, le hors-jeu, le méta-jeu et notamment ce roleplay pour du beurre. Si dans un cadre immersionniste, le RP pour du beurre devrait être banni, il est largement toléré par ailleurs, y compris dans un cadre « fictionnaliste », ce qui renforce le caractère du jdr de jeu social et de jeu méta par excellence.
J’espère que ce contenu ne va pas compter pour des prunes…
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