De mensonges et de sueurs

DE MENSONGES ET DE SUEURS !

Morts-vivants tous secs, renard farceur, mémoire à sniffer, golem de braise et tempête de sable composent les ingrédients de cet épisode de ma campagne ouverte. Un récit par Arisker, merci à lui !

(temps de lecture : 15 min)

(texte libre de droits)

Joué le 11/01/2019 à l’association La Ligue des Vannetais Ludiques (Vannes, 56)

Le jeu : Écorce, par Thomas Munier. Aventures extrêmes dans les forêts maudites de Millevaux. Viscéral. Survivaliste. A l’ancienne.

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Glen Bowman, cc-by-sa

L’histoire:

C’est comme dans un rêve, je sais pas trop ce que je fous là alors j’essaie de me rappeler. Je fais partie d’un village, dont la plupart des habitants ont tourné brindezingues car ils voyaient les émotions sous forme d’insectes. Et avec les saloperies qui traînent dans le coin, c’est pas souvent qu’on en voit des jolis papillons. Je me rappelle du village, j’étais devenu le bouc-émissaire, les gens s’acharnaient sur moi, tout ça parce que je ne suis pas fait de chair et d’os mais de racines, de branches et de lianes. J’ai jamais demandé à être Maletronche moi ! Cependant le groupe avec lequel je traîne lui ne s’acharnait pas trop sur moi du souvenir que j’en ai. Et voilà que la forêt limbique m’a recraché et que je me retrouve face à eux. C’est très confus, mais je comprends que Brindille la gamine du groupe a perdu sa mère, c’est dur pour elle, un basilic a été vaincu, un compagnon a été perdu. Mais la bande reste en quête de l’oiseau humide, animal réel ou fantasmé, je ne saurais dire, qui permettrait de sauver le village.

Outre l’enfant, Sol ­ une sorte de guerrier dans la quarantaine, je crois, mes souvenirs sont flous ­ et Jeanne ­ protectrice des innocents à ses dires ­, mènent la danse dans cette quête qui semble frénétique. Enfin ce sont les seuls qui ont l’air d’être encore assez vivant pour danser…On me prévient qui ne faut pas tuer les choses, mais je ne suis pas forcément très malin et s’il y a un truc que je sais bien c’est que j’aime pas les morts-vivants. Alors des libellules à tête de mort, je sais pas ce que c’est mais ça me fout en rogne, je prends un bâton et j’en tue une. Je ressens une décharge, puis le souvenir d’un type qui se noie dans la boue, avec un renard qui rigole, d’un rire moqueur, sadique. Ce putain de renard, je l’aperçois en plus à l’orée des bois. Les autres me disent que ça fait un moment qu’il rôde dans les parages.

Jeanne propose de craquer une pierre de chistre, je veux faire partie du groupe alors je dis oui ! Je craque et sniffe la pierre, une sorte de caillasse mémorielle, ça y est je me souviens ! J’ai écrit la liste de mes ennemis, je l’ai introduite dans un serpent avec une amulette remplie des cendres de mes ancêtres puis je l’ai laissé vagabonder. J’espère que ce rituel que j’ai oublié aura raison d’eux, car même si ma mémoire me fait défaut, la leur sera peut-être intacte. L’extase était vraiment géniale, vite il m’en faut d’autres, je sais que Jeanne en a 2, mais on m’indique qu’elles sont produites à Chistre. Vite faut que je trouve un moyen pour qu’on y aille rapidement !

Prétexter que le la pierre de Chistre allait nous rapporter plus de souvenirs pour améliorer les chances de quête de l’oiseau humide avait été une bonne idée, c’est ce que je me disais au volant de mon ambulance. On l’avait troquée contre leur buggy qu’on avait siphonné au passage, c’était peut-être moins tout terrain mais on pouvait en stocker du fourbi là-dedans ! Surtout qu’on avait en plus une petite vieille qui accompagnait en plus notre ami Sol et qui passait son temps à modeler de l’argile, bizarre mais soit ! Le putain de renard nous avait suivi par contre, il était monté sur le toit, un petit coup de frein sec le projeta devant, un petit coup d’accélérateur et il servirait de tapis ! Le salaud il fut prompt, tant pis au moins il ne nous suivrait plus ! 

Finalement on arrive au abord de la falaise de Chistre, une falaise d’une blancheur incroyable avec des mineurs au turbin, ceux-ci sont étranges, tous vieux, on dirait presque qu’ils font corps avec la pierre. Lorsque je sors du véhicule, un léger vent chaud vient me chatouiller les branches en laissant du sable d’infiltré, saleté de sirocco ! En haut de la falaise à la verticale d’un monte charge, une créature bizarre, d’apparence humanoïde nous guette, elle a la gueule déformée, comme si on avait forgé sa gueule en spirale, quand les autres remarquent cet être difforme, c’est le nom qu’ils lui donnent : Spirale. Avec tout le chambard, j’avais pas remarqué mais Brindille portait la tête du basilic tout en lui cachant les yeux et accrochée à elle, une tête de renard. Des bribes de souvenirs revenaient : la gamine et sa mère avaient toujours paru un peu étrange, mais bon le village m’avait quand même décerné le gland d’or.

La Spirale nous paye l’ascension en monte-charge, en haut elle nous accompagne jusque dans une maison creusée dans la roche, tout le monde paraît troglodyte dans ce putain de village. Bah, vu les merdes que le sirocco doit charrier, rien d’étonnant, surtout que les habitations sont incrustées à même la seconde falaise. En haut, des racines en train de grignoter la roche comme une armée végétale tentant de conquérir l’opposant minéral. Les types me paraissent de plus en plus chelous à mesure qu’on progresse, tous vieux, décharnés, lents, le regard torve, on dirait des putains de morbacs et ça j’aime pas, j’ai même la haine quand je vois ce genre de truc. Je me contrôle pour le bien du groupe, mais c’est pas pour rien si le seul blase dont je me souviens qu’on m’ait jamais donné c’est FUCK THE DEADS. Ça veut dire, tueur de morbacs, enfin je crois.

Finalement on arrive dans la casbah de la logeuse de Spirale. Elle propose un tatouage mémoriel spécifique en échange de la tête, moi je demande des pierres de chistre, on arrive à avoir les deux c’est cool. Celui qui se fait tatouer c’est l’homme-champignon, un maletronche Mérule-pleureuse, je me souviens pas de quand il est arrivé mais les autres semblent le connaître, putain même chez les maletronches, une merde pareille c’est toujours mauvais signe ! Je fais avec et puis c’est lui qui va subir le truc spécial de l’autre siphonnée…, pardon spiralée ! En attendant on patiente, on boit un peu de jus d’argile, ça passe mieux que je l’aurais cru. Une fois la transaction finie, on décide de se reposer, enfin mes camarades pendant que je veille, je me méfie de la vieille, puis c’est l’inverse. Entre-temps la mérule nous fait un topo sur les forêts limbiques c’est un raccourci jusqu’à Noirmont-Ferrand, mais faut faire gaffe aux limaces géantes ou truc du style, j’écoute pas trop, plutôt occupée à avoir un œil sur la vieille. Son œil torve dégueulasse et suintant, plus gros que l’autre, son aspect décharné,  ses 90 piges, et son aspect un peu morbac ça me donne envie de la cogner pour pus voir ce cauchemar qui cherche à nous la mettre à l’envers. Alors quand elle essaie de sortir pour aller cherche de « l’eau » je m’interpose, ça pue l’embrouille à plein nez ! Finalement on accompagne mamie avant de revenir car trop dangereux, le sirocco s’est levé, on n’y voit que de chic, c’est pas la peine. C’est bientôt la presque nuit ! Alors mamie elle fait pas de chichi et elle va se pieuter dans sa chambre, apparemment je la mets autant mal à l’aise que l’inverse. Moi je me fais un petit rail de chistre, je me souviens qu’une prêtresse de Zarustrata un truc comme ça, m’avait dit qu’elle pouvait me transformer en homme-huître pour pas être emmerdé dans la forêt qui rétrécit, j’avais pas dû la croire et c’est pour ça que j’avais été recraché, enfin faut dire qu’elle était barge ! Mais à la réflexion j’aurais peut-être dû.

Hormis Sol qui pionce le reste veille, j’ai déjà pieuté le quart d’avant, juste réveillé en sursaut par une histoire que Jeanne racontait à la gamine, un truc qui n’avait ni queue ni tête, enfin je crois. Le champignon je sais pas s’il est allumé depuis le tatouage ou si c’était le cas avant mais il entend des bruits de braise dehors. J’avais pas remarqué avec la vieille mais le gazier était accompagné d’un cerf et d’un vieux en costard qui avait l’air dans le mal, genre malade, j’espère qu’il allait rien nous refiler.

– Psst, psst, psst, je suis passé par les tunnels d’aération, hey vous m’entendez c’est moi le renard, je peux vous aider à vous en sortir parce que là il y a un élémentaire de braise dans le village
– J’ai tenté de t’écraser, pourquoi tu voudrais nous aider ?
– Bah si vous me promettez de ne plus me tuer et de devenir mon ami, je vous aiderai.
– Mouaipour un renard qui noie les gens dans la boue, je vous fait pas confiance !
– Nan, mais c’est pas vrai, c’est des conneries ça, en gage de ma bonne foi, je peux vous dire qu’il faut aller dans la cuve de flotte qui se situe juste à gauche, faut sauter dedans, il y a un passage qui permettra de vous barrer !
– Je suis pas convaincu, et au fait c’est quoi ton blase ?
– Sacripant.
– Et t’espère qu’on va te croire !
– J’y peux rien moi c’est un nom de renard, je l’ai pas choisi !

Là, il fallait faire fumer le ciboulot, parce que d’après le champi, l’élémentaire de braise c’était pas du chiqué mais d’un autre côté le renard avait l’air d’un crevard. Du coup face à un dilemme de merde, j’eus un éclair de génie, putain c’était pas souvent mais de temps en temps penser en dehors de la forêt comme disaient les vieux ça m’arrivait. On se concerte 5 minutes puis on décide que le mieux à faire c’est de sprinter jusque l’ambulance. Alors dans le rush Sol me glisse qu’il a utilisé son baromètre à émotions sur le canidé : déception, et curiosité ressortaient surtout. L’avance était bonne sur la saloperie de braise qu’on voyait cramer derrière nous, mais Brindille tétanisa, heureusement l’autre maletronche prit la gamine sur son dos et on se tira fissa en ambulance. Tu m’étonnes qu’elle avait pris peur la gamine, le seul moment où je m’étais retourné, j’avais vu un type style colosse qui avait l’air de brûler de manière perpétuelle, plein de cloques et de chair brûlé dont le visage reflétait douleur, souffrance et malédiction. Une fois dans l’ambulance, on a pris une route sure dans la nuit, mais le hic c’est que j’avais trop poussé le moteur et à l’approche de Bagnols, le moteur flancha. J’avais trop tiré sur l’ambulance. Heureusement on devrait pouvoir réparer le truc, surtout que Jeanne connaissait un rituel à ce propos.

En sortant de notre épave, je sentis une odeur de brûlé, on apercevait des foyers au loin, pas étonnant la saloperie avait dû cramer quelques pans de forêt. À la lisière du village, une petite cabane, un peu excentrée de manière curieuse. Sol partit en éclaireur, une petite fille rousse seule à l’intérieur avec des plumes de corbeaux au sol refuse de lui ouvrir, c’est ce qu’il nous dit quand il revint. Mais notre compagnon eut comme un électrochoc et sortit une vieille photo de sa besace, c’était apparemment la gamine parce qu’il se précipita pour aller lui parler avec le reste du groupe. Moi je restais à me faire un petit rail de chistre dans l’ambulance, putain Noirmont-Ferrand, la garde elle m’avait capturé pour me réduire en esclave dans une armure dryade, une armure de souffrance, il y avait la frangine en otage, mais je me suis barré comme une merde avant de lâcher l’armure. Est-ce qu’il l’avait tué, est-ce que je l’avais oublié ? J’en sais rien, elle était sûrement morte maintenant…

Je dois me changer les esprits et quand Jeanne revint on décida d’aller vers Bagnols pendant que les autres repartaient à la charge vers la cabane. Les projecteurs braqués sur nos gueules, les habitants nous gueulaient plus ou moins dessus :
– Qui êtes-vous ?
– Notre véhicule est tombé en rade pas loin, on venait voir pour des pièces de rechange peut-être ?
– On fait pas de réparation de nuit, tirez-vous !
– Ok, ok on reviendra demain, tranquille, ça sentait la peur, mais je pouvais les comprendre les gaziers, des étrangers qui débarquaient en pleine nuit ça avait rien de rassurant !

Quand on revint à l’ambulance, je vis que les portes arrières étaient ouvertes, un putain d’ours en train de bouffer les sièges. Le truc dégueulasse avec des vers sortant du cul ! Les yeux couverts de crottes, le pelage sec et abîmé, le truc c’était retourné fissa vers moi pour me renifler et me foutre un coup de patte, j’y avais échappé a peu de chose près. J’attirais alors la bête vers Bagnols, espérant que les villageois nous aideraient. Les compagnons m’aidèrent en menaçant l’ours, le poussant, enfin chacun y allait de son initiative et finalement l’ours était reparti et rodait un peu désormais autour de la cabane.

Affaire à suivre…

Oh toi qui trouvera peut-être ces quelques notes, si tu es intelligent t’auras sûrement remarqué quelques fautes ou une concordance des temps dégueulasse, c’est pas faute d’essayer les anciens maletronches m’avaient appris ça. C’est pour ça que même si les villageois me faisaient la misère, ils pouvaient rien me faire de plus, j’étais la putain de mémoire du village, y avait pas un péquenot qui savait chroniquer aussi bien que moi. Mais là le chistre ça me mine de plus en plus, faut que j’arrête avant de devenir trop accro, mais c’est rude. Si j’arrive plus à être scribouillard comment on va faire pour pas se paumer !

Roleplay solo, par le joueur de Brindille:

Ou « Tu as vu ce renard souriant ? Il est mignon n’est-ce pas ? Tiens, il s’appelle Sacripant, je te le confie, c’est un excellant compagnon et il est toujours de bon conseil. »

Tu vois ma fille, te voilà perdue, happée par la grasse nuit, par des ténèbres opaques, palpables, presque tangibles. Mais surtout ma fille, tu es seule désormais, tu n’as d’autre choix que d’attendre le retour de Braconnier. Dis-moi ma fille, comment te sens-tu ? Tu es seule, tu es perdue,  qu’il est difficile de rester vigilante, de ne pas laisser son esprit errer, ses pensées vagabonder, de ne pas ressasser ses souvenirs, de ne pas ressasser – nos – souvenirs. Car je suis une part de toi.

Et tu vois ma fille, je dois te confier quelque-chose : j’espère que tu – mourras – ici. Oui, je souhaite de tout mon cœur que jamais tu ne quittes cette hideuse forêt. Car tu vois ma fille, si tôt rentrée à Bagnols, tu confieras Sacripant à mon enfant afin qu’il attire le malheur sur elle. Ou bien tu inciteras mon enfant à quitter le nid pour Gros. À moins que toi et tes compagnons n’agissiez plus directement encore.  Tu vois ma fille, je connais tes intentions. Car je suis une part de toi. Mais ma fille, par mon enfant, c’est moi – seule – que tu attaque, que tu souhaite atteindre et voir souffrir. Et sache-donc aussi ma fille, que si tu accomplis tes dessins, tu me blesseras au-delà de toutes tes espérances, oui, je serai meurtrie au-delà de ce tu peux imaginer. Mais je suis une part de toi.

Et tu vois ma fille, j’ai peur, je suis – terrorisée – et à ta merci. Vois-donc, ma fille, je t’implore et te conjure de ne pas faire de mal à mon enfant. Car tu vois, ma fille, tu me reproches de t’avoir abandonnée, de ne pas t’aimer. Mais ma fille, je suis ta mère, pas ta maman. Car vois-tu, je suis une part de toi et je te soumets la question : peut-on s’aimer soi-même ?

TODO-list de la compagnie (par le joueur de Brindille) :
     
    •  (barré) Ramener la tête du basilic à Spirale
    •  (barré) Tester les pierres de Chistre
    •  Dans la forêt qui rétrécit, attirer l’oiseau humide avec les escargots de sang qui sont sa friandise préférée
    •  Il existe un raccourci par les forêts limbiques permettant de se rendre à Noirmont-Ferrand mais il faut prendre garde aux limaces
    •  Être transformé en homme-huître permettrait d’échapper aux dangers de la forêt qui rétrécit

CR Technique, game design et autres sur Écorce, par Arisker:

Voilà je me permets de faire un petit retour technique sur la partie parce que ça m’a bien plu, j’ai trouvé la table de joueurs très cool. Gros moment de RP quand Caimand chante la chanson du Horla braconnier.

Bon c’est OSR et ça se sent, mais alors je sais pas si c’est l’univers Millevaux ou l’ambiance du jeu avec la carte IGN de Clermont-Ferrand, pardon de Noirmont-Ferrand et les feuilles dessus, mais l’envie de jeter un dé s’est fait oublier alors que je suis plutôt ludiste de base. Je me demande si justement d’habitude le rôliste ne voit pas que sa fiche de perso et le dé devant lui, là c’est pas le plus important, la carte envahit la table comme la forêt envahit l’univers, c’était cool.

J’aime bien les trucs genre souvenirs, besace. Le fait de renommer les caracs de donj on sent qu’on est dans l’univers Millevaux, ça donne une ambiance. Les pré-tirés m’ont pas dérangé plus que ça mais sur du long terme le fait que les 2-3 premiers souvenirs qu’on puisse perdre soient imprimés c’est peut-être un peu embêtant, mais d’un autre côté je comprends l’intérêt, hormis un coup de blanco, j’ai pas trop de solutions plus élégante.

Niveau règles par contre j’ai peut-être une solution, vu que je venais de débarquer en fait, j’avais pas tout compris à propos des oppositions et une fois j’ai dû te dire que c’était réussi alors que c’était en dessous mais je pensais qu’il fallait faire moins comme quand on testait sous nos caracs et pas plus. Donc une fiche A4 pour l’ensemble des joueurs avec un résumé des règles de base ça pourrait être cool ! On dit souvent que pour qu’un jeu soit intéressant joueurs et MJ devraient connaître les règles, alors quand c’est trop long les joueurs aiment pas se farder les règles souvent, mais un résumé sur A4, sans forcément les cas particuliers, consultable à tout moment, je pense que c’est bien !

Ça c’est pas trop vu parce qu’il y a pas eu vraiment de combat et que tuer quelqu’un c’est dangereux apparemment. Mais dès l’entrée au village on a sentit la tension s’installer avec en climax le dilemme moral élémentaire de braise VS Renard c’était cool ! Mais là c’est plus un truc scénaristique propre à l’univers de Millevaux mais le dilemme moral reste un truc super intéressant ! Finalement est-ce qu’on peut pas rapprocher ça des fronts/menaces des jeux PBTA ?

Comme disait un autre, le MJ c’est peut-être parfois un frein à la narration, mais là ce qui m’est apparu comme un frein à la narration c’est surtout les « quêtes annexes » données par les souvenirs ou certains objets. Par ailleurs, le système joue aussi, c’est « techniqué » sur Donjons & Dragons et même si c’est pas le système le plus complexe du monde, je te voyais parfois réfléchir sur comment on va gérer tel truc, surtout côté MJ en fait. Y a peut-être moyen de faire plus simple je sais pas… Après au niveau de la narration de l’univers peut-être que c’est ambitieux mais tu pourrais ma foi éventuellement avoir 2 grilles de lecture, une pour le long cours et une autre avec des souvenirs/objets qui partent moins dans tous les sens pour un truc plus cours, plus réduit.

Voilà encore un peu à l’ouest et fatigué, les pensées sont un peu en vrac, désolé pour ça.

Pour conclure, ce jeu a été une très très bonne expérience à ajouter à ma connaissance de la « jeuderôlogie ». J’avais déjà joué à Millevaux mais comme les personnages, n’étant pas dans une démarche créative à l’époque, j’avais oublié la puissance des souvenirs ! C’est un truc très intéressant que je vais éventuellement te piquer mais d’une manière différente, parce qu’ils sont protéiformes. On peut en faire un truc à progression verticale ou horizontale pour les personnages, il peut affecter aussi bien le game design technique ­ nouveaux pouvoirs, nouvelles compétences, etc. ­ que la narration : nouveaux contacts, secrets d’univers, etc…Je me demande d’ailleurs si ça peut pas justement être un facilitateur et un truc moteur pour des joueurs et un MJ tous novices en JDR. Ça donne vraiment envie d’essayer des choses à ce propos !

PS : Je viens d’y penser aussi, les numéros pour les souvenirs et les objets ça paraît tout con comme ça, mais c’est tellement OSR ! Pour perdre, regagner des souvenirs, des objets, etc…

Réponse de Thomas :

B. « Des bribes de souvenirs revenaient : la gamine et sa mère avaient toujours paru un peu étrange, mais bon le village m’avait quand même décerné le gland d’or. »
Je comprends pas trop cette phrase. Brindille est pas originaire de ton village, au contraire des autres PJ

C. «  je me souviens qu’une prêtresse de Zarustrata un truc comme ça, m’avais dit qu’elle pouvait me transformer en homme-huître pour pas être emmerdé dans les forêts limbiques«  :
En fait elle parlait de la forêt qui rétrécit (l’endroit où se trouverait l’oiseau humide)

E. En théorie, les souvenirs glanés tracent principalement la route vers l’objectif de campagne. ça peut sembler hors-sujet sur le moment, en effet. Après, je suppose qu’on peut les régler pour qu’ils aient plus une utilité sur le moment. Les joueurs permanents, vous en pensez quoi ?

F. Mes règles sont à la fois un peu complexes pour de l’OSR et aussi en rodage, j’ai conscience que ça se sent 🙂 J’espère bien que ce sera plus fluide une fois que j’aurai clarifié ce qui doit l’être.

G. Un résumé des règles pour la table, c’est en effet intéressant, je pourrai faire ça quand mon système sera plus cristallisé.

H. Les numéros sur les souvenirs et l’équipement ont deux utilités. Tout d’abord, ça me permet de gérer simplement l’encombrement (pas possible d’avoir plus de 10 objets ou plus de 10 souvenirs) et ça permet de tirer aléatoirement les pertes de souvenirs ou d’équipement.

I. Définitivement, je pense que la todo list peut être très pratique pour le groupe (bien que la mémoire d’éléphant du joueur de Jeanne en fasse aussi office)

Et ce RP est vraiment très bien ! Il ouvre plein de pistes pour la suite !

Réponse du joueur de Brindille :

E. Ça me convient très bien car notre équipe à un objectif pressant, le village compte sur nous et il me parait normal que ce soit ces souvenirs qui ressurgissent avant tout-autre.

F-G. En ce qui me concerne je ne connais les règles que par ce que j’ai pu observer de leur mise en œuvre car le mieux que j’ai pu trouver est un brouillon rédigé dans un style prise de note. Ceci dit c’est tout à fait jouable : 2 actions, on dit ce qu’on a l’intention de faire, parfois c’est clairement une attaque (rouler sur le basilic) parfois clairement une défense (je me protège avec mes bras) et quand il y a un doute le meujeu se débrouille ( : – p ). Ensuite on lance les dés et puis roule (il me semble que l’attaque ou la défense se basent sur une carac et qu’il faut faire en dessous). Il y a des jeux sur lesquels j’aime faire du calcul de probas, imprimer des tables et prendre des décisions informées, là je prends mon pied en y allant au feeling.

Retour du joueur de Sol :

1- Super la carte comme aide de jeu et incarnant aussi notre mémoire défaillante, obscurcie, difficile à rassembler. Excellent outil en parfait accord avec le thème.
2- J’ai aimé la règle des souvenirs, pas plus de 10 et revenant à petit pas, on sent une certaine fragilité et, ils nous permettent aussi de nous appuyer dessus pour développer notre personnage.
3- L’univers, le cadre, s’est déroulé au fur et à mesure et m’a mené dans un état d’immersion très complet. Je me suis senti dans ton univers. Voilà, je suis peu prolixe, et fort occupé, te remercie de cette expérience.

Réponse d’Arisker :

B. Vu que j’ai été parachuté dans la partie j’avais pas bien capté ça, c’est une erreur de ma part

F. Sinon les souvenirs là effectivement j’étais parachuté dans la partie donc c’était mon ressenti d’un jour, c’est pas forcément une vérité vraie. Mais si tu veux rendre le truc malléable pour des one-shot par exemple ça peut être bien.

G. Comme tu le sais je suis entrain d’écrire mon propre jeu et je vais sûrement t’emprunter la mécanique de souvenirs car elle va enrichir mon setting et mon système, même si ça sera d’une manière différente à Millevaux. D’ailleurs j’ai une catégorie qui sera atouts et souvenirs alors que toi tu fais la distinction. Mais cette mécanique permet vraiment une progression en terme de capacités et de narration/secrets de l’univers. Le seul problème éventuellement est que c’est mieux si c’est relié à « un théâtre » dans l’univers. Et que si le MJ veut jouer dans un théâtre différent il devra peut-être se farder le boulot, mais ça semble pas si complexe que ça en soit. Voilà en tout cas c’est un truc qui m’a vraiment hypé !

Réponse de Thomas :

F. Pour tout dire, je designe absolument pas pour le one-shot (j’ai de meilleurs outils pour ça), mais bon les aides de jeu, c’est toujours utile, même pour du jeu en campagne 🙂

G. Je t’en prie, récupère tout ce que tu veux, c’est dans le domaine public 🙂

Un commentaire sur “De mensonges et de sueurs

  1. En théorie, à partir de fin 2018, je ne faisais plus de comptes-rendus de partie, et donc cette campagne d’Écorce jouée en six épisodes en asso ne devait pas en avoir… Mais ce fut sans compter sur Arisker qui décida de raconter une des parties du point de vue de son personnage !

    Depuis 2019, la réalisation de comptes-rendus de mes parties est devenue très sporadique. Certains sont déjà parus, mais il en reste aussi 6 à paraître !

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