Après le typhon

APRÈS LE TYPHON

Premier test d’Ho’oponono, pour une partie à fleur de peau au sein d’une famille polynésienne déchirée entre tradition et modernité, entre le chagrin des pertes irréparables et l’espoir d’un renouveau.

(temps de lecture : 4 mn)

Le jeu : Ho’oponopono, le jeu de rôle-rituel sur la guérison et la réconciliation familiale

Joué le 06/10/17 à la convention Octogônes, à Lyon

Avertissement sur le contenu : voir après l’image

Image

Kim Siever, Greezelos, Aaron LeMay, licence cc-by-nc

Contenu sensible : exploitation animale, acculturation

L’histoire :

Voilà ce qui reste de la famille : 

Okanoha, est un jeune homme en pleine crise d’adolescente, un apprenti pêcheur de 16 ans. 

Écume est une jeune femme de 17 ans, adoptée de l’île voisine, une orpheline (ses parents sont morts dans une catastrophe naturelle), elle essaye de se faire accepter au sein de sa nouvelle famille.

Tempête, 19 ans, est la grande sœur d’Okanoha. Elle est frustrée car elle voudrait jouer son rôle et qu’à la place elle est tournée vers la maison et les taches ménagères.

Awa, 65 ans, est le Grand-père d’Okanoha et de Tempête. En fin de vie, il déplore l’évolution de la société. Il était là quand Écume a été recueillie. C’est lui qui l’a appelée ainsi.

Vague, 50 ans, est la belle-fille d’Awa, mère d’Okanoha et de Tempête. C’est une femme obèse et prématurément vieillie. Quand elle ne travaille pas au chantier off-shore d’extraction minière, elle est vautrée sur le canapé devant la télé, à siroter des sodas sucrés.

Le père est mort.

Awa sent une lourdeur, il s’affaiblit, il s’attriste, il a peur pour les enfants.
Okanoha est moins à ce qu’il fait, il rêvasse en regardant l’horizon. Il est dans l’agitation, dans le trouble. Son père était pêcheur, mais lui il ne va pas vraiment pêcher.
Écume reconnaît que la maladie les touche et elle a la sensation d’être à l’origine de ça, les dieux prennent un tribut et font payer à ceux qui ont survécu. « Je prendrai la maladie sur moi. », dit-elle.
Tempête fait un cauchemar très violent. Elle est en mer, et elle a en vue les membres de la famille. Mais des boulets la tirent vers le fond.
Awa veut faire le rituel de guérison. Mais Vague ne veut pas perdre son temps avec ces superstitions. Elle veut se reposer après sa dure journée de boulot. Elle refuse de se lever de son canapé.
Okanoha sabote l’antenne télé pour que Vague accepte à contrecœur.

Okanoha et Awa disent merci à Vague pour son travail qui leur assure la sécurité financière.
Écume dit merci Awa pour les histoires.
Tempête dit à Awa : « Merci Grand-père pour m’aimer. »

Écume est désolée d’avoir ignoré Vague.
Tempête est désolée pour Écume parce qu’elle est meilleure qu’elle et que ça l’agace, elle est désolée d’avoir été jalouse
Awa est désolé que sa place avec Tempête ait été changée : « Je n’ai jamais su si tu attendais une invitation. J’aurais du te relayer sur le ménage. »
Vague est désolée d’avoir détruit l’île de corail d’Écume en participant au chantier d’extraction minière.

Awa demande pardon à Okanoha : « Je ne t’ai pas enseigné la chasse, je me suis pas occupé de toi, je t’ai laissé à la dérive. »

Okanoha dit à Awa : « Je te demande pardon de n’avoir pas su prendre la place de mon père. J’aurais du me lever à sa place, prendre les rênes, être présent pour chacun. Au lieu de ça on s’est appuyé sur le grand père. »

Vague invite Tempête à aller pêcher.

Awa se sent mieux mais mes jours sont comptés

Tempête admet que son rôle de gardienne du foyer, elle se l’est donné elle-même.

Okanoha se sent mieux car le trouble de voir sa famille divisée s’apaise

Le bruit du canot à moteur.

Retour de l’équipe :

Joueur d’Écume :

+ J’aime beaucoup le potentiel autour du fait qu’on peut parler de ses sentiments ou poser une nouvelle scène : bonne rejouabilité.
+ J’ai failli demander pardon au père disparu.
+ Il y avait pas forcément des enjeux très lourds au début et ça nous a permis ensuite de nous livrer dans les étapes suivantes du rituel.
+ Dans mon personnage je me suis permis d’importer des enjeux émotionnels de moi-même.
+ ça se serait bien prêté à la mise en scène, utiliser une bougie, une tenture [Joueur d’Okinawa : de la musique]

Joueur de Tempête :

+ J’ai aimé que le grand-père me donne un rôle proéminent.
+ J’ai aimé le fait que tu précises qu’on pouvait jouer une personne rétive au rituel.

Okanoha – Awa :

+ C’est très immersif malgré qu’on soit en convention, entre inconnus. [Note de Thomas : et dans un environnement bruyant.]
+ La structure du jeu nous guide et nous met à l’aise.
+ Le fait de changer de personne à chaque fois, ça ordonne la parole. Pour le dernier personnage à qui j’ai dû m’adresser, j’ai dû trouver quelque chose.
+ Si tu jouais sur une table plus grande, ça pourrait nuire au côté intimiste.
+ Un bâton de parole aiderait à faire circuler la parole.
+ En terme d’accessoire, le fait d’avoir fait un schéma de la famille, ça a bien aidé.

Joueur d’Awa :

+ Ce qui est mécanisé, c’est qu’on joue tous des persos qui vont mal.
+ C’est un jeu où on prend sont temps

Retour personnel :

+ C’était une des parties les plus touchantes de ma carrière, j’avais constamment la larme à l’œil.
+ Le compte-rendu n’y rend pas tout à fait honneur, parce qu’on ne voit pas tout le non-verbal des personnages, les cris, les larmes, le ressentiment et la reconnaissance. Par exemple, à certains moments-clefs, Vague écrasait sa canette de coca pour manifester sa colère ou sa frustration.
+ Le fait que le sorcier explique les règles du rituel les intègre à la fiction, acquis que je réutiliserai dans mon autre partie (cette fois GNistique) du jeu : Une dernière chance
+ J’ai décidé de jouer un personnage qui se prêtait au rituel de mauvaise grâce, et j’ai trouvé ça très fertile. C’est une proposition que j’ai rajouté dans Les Sentes.
+ Note à froid (avril 2021) : je réalise que c’était sûrement maladroit d’utiliser des noms communs pour les prénoms de nos personnages, et quand aux noms à consonnance polynésienne, je ne sais plus si ce sont de vrais noms polynésiens trouvés sur internet ou des noms inventés par les joueuses. Une liste de prénoms polynésiens serait sûrement un bon ajout à ce jeu. 

4 commentaires sur “Après le typhon

  1. Ho’oponopono est un jeu aussi déchirant au départ que bienfaisant à la fin. Je regrette de n’y avoir joué qu’une fois, je regrette aussi qu’il ne soit pas joué par d’autres à ma connaissance. C’est un jeu sans MJ qui fonctionne très bien : comme on ne joue que son personnage, le partage des prérogatives est très simple. C’est aussi l’un de mes rares jeux minimalistes où je ne vois rien à ajouter.

    Et vous, quelles sont les petites petites du JDR que vous n’avez pas ou pas assez jouées ?

    J'aime

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