[Extraits] Écheveuille

[Extraits] Écheveuille

Un jeu de rôle tout en un pour s’égarer dans l’infini des forêts de Millevaux en solitaire comme à plusieurs.

(temps de lecture des extraits : 5 mn / temps de lecture du jeu : 43 mn)

« Agathe et Léonie entrent dans l’église. La dernière tempête a fait tomber un arbre sur le toit. On entend des coups de marteau. La femme et sa fille vont voir le Père Athanase. Elles vont avoir une importante discussion avec lui, car après tout, Agathe est un fantôme et il faut faire quelque chose à ce sujet.

Ce qu’elles ignorent, parce qu’elles ne vont pas s’y intéresser, c’est que le charpentier qui est en train de réparer le toit est sur le point de faire une découverte extraordinaire. »

« Le resumé du jeu

Munissez-vous d’un bloc-notes, format A7, 80 pages.
Remplissez les pages au fur et à mesure que vous jouez.
Pour chaque page, il faut d’abord remplir les informations de base :

  • un fléau : au hasard entre H (horlas), EM (emprise), EG (égrégore), O (oubli), R (ruine) ou F (forêt)
  • un mot-clé de votre choix
  • une péripétie : au hasard entre C (calme), A (adversité), M (mission), P (passage), T (trésor) ou R (roleplay)
  • un chiffre : au hasard entre 0,1,2,3,4 et 5
  • un numéro de page
  • un symbole de trinité au hasard entre ronce, branche ou feuille
    En vous inspirant de ces informations et des tables aléatoires, remplissez le personnage défini par :
  • une interrogation existentielle en trois mots
  • un nom
  • un concept
  • un handicap
  • une scène / objectif liée au lieu de la même page
    Remplissez aussi le lieu défini par :
  • un nom
  • un plan devant comporter un danger, un trésor et un climat
  • une issue facile mais vaine et une issue difficile mais payante qui renvoient à d’autres pages
    Créez une nouvelle page au verso, dédiée à l’envers du personnage ou du lieu.

Qu’il s’agisse de jouer en solo ou en multi, le concept est le même : créez-vous un personnage à partir du carnet, jouez la scène-objectif liée à son lieu, ce qui vous renverra à une nouvelle page avec un nouveau personnage à rencontrer et une scène-objectif à jouer.
Vous pouvez jouer sans règle ou avec un système de résolution.
Le carnet peut aussi servir de table aléatoire. »

« Écheveuille est un jeu de rôle qui repose sur la création et l’exploration de personnages et de lieux interconnectés par le destin. C’est à la fois un jeu de rôle solo, un outil pour créer des campagnes de jeux de rôle (en solo ou en multi), et une table aléatoire. C’est axé sur la rejouabilité. »

« Quel est le temps nécessaire à la tenue du carnet ? On pourrait dire zéro, ou plutôt opération indolore si vous décidez de remplir au fur et à mesure que vous jouez. Si à vos yeux, remplir le carnet n’est pas du jeu en soi ou tout du moins que votre finalité, c’est d’exploiter le carnet seulement une fois qu’il sera rédigé, comptez donc deux heures pour faire les canevas (un temps qui pourra être réduit si vous zappez la phase du tracé du tableau ou annulé si vous utilisez un modèle pré-rempli) + 13 heures pour remplir toutes les pages (à raison de 5 mn par page) et donc obtenir 160 personnages et 160 lieux.

Je ne conçois pas du tout cette étape comme devant être faite d’une traite. En ce qui me concerne, je remplis le carnet quand je suis aux toilettes (hé oui), ou quand j’ai quelques minutes de libre à la maison, dans les transports ou dans les salles d’attente. C’est l’intérêt du format poche : vous allez pouvoir le remplir le carnet dans vos moments perdus, et ce faisant l’opération sera vraiment indolore. En utilisant tous mes moments perdus, j’ai pu remplir un carnet entier en deux semaines. »

« Exemple de début de séquence tirée de mon propre carnet :
grésil
carcasse
charpente
crasse
lichen
crâne
œil
verrue
gangrène
drame
amour
passion
silence
vipère
etc. »

« Il vous reste maintenant à remplir le carnet avec des personnages et des lieux. Vous pouvez préférer remplir tout le carnet avant de jouer, ou alterner remplissage du carnet et séances de jeu. Vous pouvez aussi considérer le remplissage du carnet comme étant déjà une phase de jeu à part entière : autrement dit, vous en faites une partie de jeu de rôle solo. Remplissez la première page, qui correspond à votre personnage, au lieu où vous démarrez, et à la première scène de votre partie solo. Quand la conclusion de votre scène doit forcément vous conduire à un nouveau personnage ou à un nouveau lieu, vous créez une nouvelle page pour gérer ce changement, vous jouez une nouvelle scène, et ainsi de suite. Vous pouvez jouer en solo avec un des systèmes de résolution qui sont décrits plus loin. »

« Tout personnage a un handicap, physique, mental ou magique (un handicap magique consistant en une malédiction). Ceci reflète plusieurs choses :

  • l’univers de Millevaux est dangereux, il laisse des traces sur les corps et les esprits ;
  • un personnage avec des failles est plus intéressant à interpréter et à jouer ;
  • le handicap est un sujet sensible, il est difficile à traiter en fiction de façon respectueuse. En passant ce thème sous silence, en le minimisant ou en le limitant aux grands gentils ou aux grands méchants, on prend le risque de de traiter le thème de façon maladroite. Il me semblait que si tous les personnages étaient handicapés, il y aurait forcément des figures positives comme négatives. Les personnages ne se définiraient pas uniquement par leur handicap. Enfin, leurs handicaps pourraient parfois leur être utiles, soit parce qu’ils auraient développé d’autres facultés en compensation (une personne non-voyante à l’ouïe affûtée ou percevant d’autres réalités) ou tout simplement parce que parfois un handicap s’avère un avantage (permettant par exemple de s’attirer l’affection d’autrui ou d’endormir sa méfiance, voir étant considéré comme un caractère sacré pour certaines cultures).
  • le handicap peut être moteur d’histoire : un amnésique à la recherche de son passé, une albinos convoitée par des sorciers qui lui attribuent un pouvoir mystique, etc. »

« Vous devez trouver un lieu, de préférence en forêt, mais pas obligatoirement, qui va abriter la scène / objectif de la page. Ce lieu peut être aussi grand ou petit que vous le voulez, aussi concret que métaphorique.

En ce qui me concerne, je suis friand de lieux irréels tels qu’un cauchemar, un souvenir ou encore un endroit dans les forêts limbiques (un monde astral qui est le domaine des morts, des rêves et des horlas). Si vous utilisez ce carnet pour plusieurs expériences de jeu ayant lieu dans des mondes ou des sous-mondes différents, pensez aussi à quelques lieux qui soient des nœuds entre ces mondes, bien que des portes de communication d’un lieu à autre d’un monde différent peuvent suffire. »

« Quand vous avez fini votre page, remplissez la page verso. Celle-ci doit représenter l’envers du décor. Elle peut introduire une version souterraine, cachée ou inversée du lieu, ou introduire une version changée, différente ou opposée du personnage. »

« Le boy qui coupe les cheveux dans le salon de coiffure fréquenté par les mafieux s’avère être… un sorcier Corax ! »

« Climat
0 gel, givre, glace, giboulée, silence ou pluie d’oubli
1 pluie, averse, crachin, averse de bruits, pluie de mémoire ou inondation
2 vent, tempête ou orage
3 chaud, miasmes, sécheresse ou incendie
4 temps clément, boue ou humus mouvant
5 temps surnaturel
(on peut retirer pour l’intensité) »

« Systèmes de résolution

Voici une compilation de systèmes de résolutions différents. Ils sont plus ou moins légers, plus ou moins tactiques ou narratifs, bref vous avez le choix. La plupart sont des simplifications de systèmes existants élaborés pour Millevaux, ou de systèmes génériques.

  1. Le prix à payer

Quand un personnage veut accomplir quelque chose d’important, il doit en payer le prix.
Soit, la nature de ce sacrifice n’est pas annoncée à l’avance : quand le personnage veut accomplir quelque chose d’important, il y parvient automatiquement et ensuite une tuile lui arrive, car telle est la loi du destin à Millevaux.
Soit, la nature de ce sacrifice est annoncée à l’avance : connaissant alors ce qu’il risque, le personnage peut choisir de renoncer à ce qu’il désire plutôt que de payer le prix. Il peut aussi proposer un prix à payer alternatif, d’égale sévérité.
Dans les deux cas de figure, quand un personnage se met dans les ennuis ou qu’un ennui lui arrive sans qu’il ait rien demandé, le malheur charge son cœur. Il peut décharger son cœur à tout moment pour accomplir quelque chose d’important sans en payer le prix. On ne peut pas charger son cœur plusieurs fois en même temps, il faut donc décharger pour recharger. En revanche, plusieurs personnages peuvent avoir le cœur chargé en même temps.

Ce système est une simplification de jeux Millevaux tels que Choc en Retour, Inflorenza Minima, Inflorenza Comedia ou Inflorenza Bianca. »

illustration de couverture : Agathe Pons, libre de droits

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