La profondeur : un nouveau genre narratif ?

Ce nouveau genre narratif sera aussi le dernier. Enfilez votre combinaison et préparez-vous pour le sentiment océanique. Voilà de quoi introduire en fanfare une nouvelle série de contenus, consacrée à l’infodump !

(temps de visionnage / écoute : 17 min) / (temps de lecture : 5 min)

Voir mes autres contenus courts sur le jeu de rôle en format triple article / podcast / vidéo


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MES ACTUS

Les Sylvonautes s’enrichit encore de trois nouveaux personnages :
☙ Par la transe je dialogue avec les mondes
☙ Je suis une figure d’espoir
☙ Ma mémoire est un trou noir qu’on pourrait vouloir désespérément combler

Avec au compteur 12 livrets de personnage et 8 livrets de cadre, ce jeu propose désormais une expérience très approfondie de la forêt de Millevaux ! Et toujours en plug and play !
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CRÉDITS

Le petit bonhomme en plâtre est une photo de Thomas Hawk, cc-by-nc

Un grand merci aux personnes qui soutiennent ce projet de vidéos sur Patreon :
royneau ; DeReel ; Denis Langevin ; Maître Yo ; Claude Féry ; Ely Chevillot ; Sylvain ROUSSEAU ; Calameche ; Eric PRADEAU ; Julien Pouard ; Mathieu Grayer ; kF


LIENS UTILES

[Notions]

canon fluide
drone
écriture en spirale
Fiction-panier
Jeu à secret
littérature ergodique
lore
musique minimaliste
Post-hardcore
profondeur
rétention / fascination
rock psychédélique
sentiment océanique
tension
univers souple

[Multimédia : série sur l’infodump]

Thomas Munier, Comment maîtriser un jeu de rôle sans l’avoir lu, sur Outsider

Thomas Munier, Comment improviser à partir de Wikipédia ou d’un Wiki, sur Outsider

Thomas Munier, Tu as juste besoin d’un d20, d’un d6 et d’un peu de cervelle, sur Outsider

Thomas Munier, Comment inciter les autres à lire des infos, sur Outsider

[Multimédia : autres]

Thomas Munier, Il faut qu’on parle de littérature ergodique, sur Outsider
Thomas Munier, J’en ai pas fini au sujet de la littérature ergodique, sur Outsider

[Vidéos]

Alt 236, Le mystère de l’Île des morts

[Podcasts]

Podcast du Café Nonobstant / Boîte à chocolat : Les univers profonds en jeu de rôle

[Articles]

Angeldust, Jeux de rôle à secret : comprendre l’univers, sur Angeldust JDR

[Jeux]

La litanie des êtres

[Univers]

Fondation SCP
Les Backrooms
Millevaux

[Roman]

Koine
La Maison des feuilles


LE SCRIPT DE LA VIDÉO

J’ai le sentiment que le 21ᵉ siècle a accouché d’un nouveau genre narratif (enfin, d’un méta-genre, je vais t’expliquer) qui sans plus d’originalité, j’appellerai la profondeur.

C’est une sorte d’enfant contemporain de la mythologie. Tu as la mythologie de l’antiquité, la Matière de Bretagne… Un lore touffu, l’absence de droits d’auteur, les autaires multiples, en partie anonymes, des théories divergentes (du fait de l’autorat multiple, de la tradition orale).

C’est une pratique qui se modernise au 20ᵉ siècle avec Tolkien et toute la fantasy / SF et leur lore, mais elle garde sa forme polyphonique surtout avec le Mythe de Cthulhu.

À partir des années 80–90, tu as le transmedia, puis la fanfiction.

Mais on atteint un nouveau step avec le 21ᵉ siècle, internet, la culture libriste, la mémétique, la viralité.

On se retrouve avec une infinité d’histoires dans un même univers (Fondation SCP) avec une base libriste / polyphonique / canon fluide (à mettre en parallèle avec la dichotomie univers prescrit / univers souple) / transmedia / virale.

Dans Koine, de Mélanie Fievet, les protagonistes d’une cité utopique solarpunk participent à l’écriture commune d’un texte. On devine qu’il s’agit d’un roman auquel on accède via un intranet textuel, mais c’est un roman arborescent : tout le monde peut créer des trames alternatives, proposant une autre issue à une scène, changeant de genre narratif, changeant les personnages, changeant l’univers, et ainsi la toile se tisse à l’infini dans toutes les directions.

Quand on parle d’univers avec une telle profondeur, la notion de genre narratif peut s’effriter au profit d’une esthétique. Cela me semble assez flagrant avec Star Wars.

Si elle doit être un genre narratif, la profondeur c’est une exploration de l’espace et du temps, c’est la révélation progressive d’arcanes toujours plus dissimulés, comme dans La Maison des feuilles ou dans Les Backrooms : cf. mécanique de rétention / fascination, cf. notre podcast sur les univers profonds.

Il y a un vertige exploratoire. On peut aussi parler de sentiment océanique.

Beaucoup de répétition du même, avec des déviations, cf. vidéo d’Alt 236 sur l’Île des morts. Une sensation hypnotique.

Cela se traduit en musique par des harmonies récursives et syncopées, comme dans la musique minimaliste, le drone, le post-hardcore, le rock psychédélique.

En jeu de rôle, Biomasse est ma tentative personnelle d’exploiter la profondeur, où même MJ (même l’autaire) ne connaît pas l’univers au préalable dans le détail. La tagline, c’est : « Progressez à la torche à travers l’immensité. »

Il y a une tension entre la rétention (impossible de tout découvrir) et la fascination (à chaque pas on apprend de nouvelles choses sur l’univers).

C’est également un genre qui se prête aux narrations alternatives, plus enveloppantes, telles que la fiction chorale, la fiction-panier, l’écriture en spirale (cf. La Litanie des êtres), et bien sûr la littérature ergodique (cf. les deux vidéos sur le sujet).

Pour finir, citons Macbeth, acte V, scène 5, dans la traduction classique de François-Victor Hugo :

« La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur
qui se pavane et s’agite une heure sur la scène,
et qu’ensuite on n’entend plus ;
c’est une histoire racontée par un idiot,
pleine de bruit et de fureur,
et qui ne signifie rien. »

7 commentaires sur “La profondeur : un nouveau genre narratif ?

  1. Je mets en commentaire des notes que j’avais oublié d’intégrer à mon script :

    Les clefs de la profondeur, c’est beaucoup de texte / beaucoup d’information, une navigation anarchiste, un style minimaliste, orienté situations, ambiguïté et polysémie, impliquant le public dans une forme d’intercreativité. https://wiki.nonobstant.cafe/fr/Th%C3%A9ories-G%C3%A9n%C3%A9rales-Et-Principes/Intercreativite
    Pour introduire un univers profond (en jeu de rôle) on peut faire des « scénarios de singularité » ou on prend un aspect du lore et on joue le moment où les PJ le découvrent et que cela bouleverse l’équilibre du monde.

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