Il n’existe pas de secret pour produire une œuvre dont on soit satisfait. Ou plutôt il en existe des multitudes.
Chérir chacune de ses idées comme le fruit de son intimité et de l’air du temps ;
Sélectionner les meilleures de ses idées et se lancer à partir de ça ;
Ne pas s’obstiner à chercher une chair à rajouter à sa première ébauche. Aucun format n’est sacré, l’ébauche peut être une œuvre en soi, aucune taille n’est plus noble qu’une autre ;
Lâcher prise de l’idée parfaite qu’on se fait de l’œuvre finie, accepter et apprécier les défauts et les contours imprévus que prend l’œuvre réelle ;
Apprendre à être indulgent envers soi-même quand l’exigence devient destructrice ;
Créer non pas pour tout le monde, mais seulement pour ceux qui vous aiment. Ce ne sont ni forcément ni exclusivement vos proches, ce sont tous ceux que la sensibilité de votre œuvre pourra toucher. Ne pas créer pour ceux qui attendent autre chose que ce que vous voulez proposer. S’ils sont touchés, ne le voir que comme un bénéfice collatéral, pas comme un but.
Ceux qui aiment ce que vous faites, chérir leur avis. Ne penser à les surprendre que plus tard.
Se satisfaire de remettre son fer à l’ouvrage, polir, finir, tailler, modifier. Jusqu’à ce moment où sous vos mains, l’œuvre vous surprend enfin. Quand tout à coup, elle est enfin claire. A vos yeux, aux yeux de ceux qui l’attendent, vous savez qu’à ce moment précis, elle est indiscutable. Savoir atteindre cette euphorie. Ne pas vivre que pour elle, mais savoir la reconnaître et l’apprécier. Cette satisfaction.
Ce moment où vous sentez invincible.