Au large

C’est arrivé.

J’ai fait mes adieux à mes collègues. J’ai pris le large.

Je suis monté dans ce bateau qui m’attendait depuis toujours.

Bien sûr, j’avais fait des escales avec, beaucoup, depuis ma petite enfance.

Mais maintenant, les amarres sont vraiment larguées.

Je suis parti au grand large.

Je suis aussi heureux qu’un homme peut être. Bien sûr, la vie réserve d’autres bonheurs, la vie réserve d’autres tempêtes. Je veux juste dire ; je ne parle pas de célébrer un évènement, je ne parle pas d’une euphorie passagère. Je parle d’entrer dans la joie. Je parle d’être sincère avec soi-même, d’être sincère avec les autres.

J’ai l’air seul à la barre, pourtant ce n’est pas une traversée en solitaire. Je sais avoir le soutien de mon épouse et de tous mes proches, je sais avoir le soutien de mes anciens collègues, je sais avoir le soutien de toute une communauté et de chaque personne qui la compose. Je me suis rarement senti aussi entouré qu’à bord de ce bateau.

Je suis parti au gré des vents, je voyage sans destination. J’ai juste pris une boussole. Une boussole de valeurs, une mission.

Si naviguer peut sembler une affaire de loup solitaire, naviguer c’est aussi montrer que c’est possible.

Le vent de la mer nous fait respirer.

Je ne sais pas où cela nous mènera, et la joie réside dans cette incertitude.

Le ciel est la limite.