Attention, il y a du nouveau dans cet article. De grands changements.
Première chose, je commence les démarches pour devenir créatif à plein temps. Je vous en ai déjà parlé lors des deux premières saisons. J’ai pris le temps de consolider mon projet et d’en parler avec mes proches. Je vais créer une entreprise individuelle, et je quitterai mon travail salarié de conseiller agricole. Pourquoi ? Parce que j’en veux plus. Je veux écrire plus, offrir plus, partager plus. Je veux vivre en totale conformité avec mes valeurs. Et mon travail salarié ne le permet pas. Mes valeurs, ce sont les suivantes : consommer et produire moins, à bon escient. Exercer ma créativité, transformer le monde selon mes valeurs, faire ma révolution personnelle. Et aider les autres à faire de même.
Je ne peux vous dire quelle sera exactement mon activité car je serai dans l’ouverture totale. Pour vous donner une idée, j’imagine trois tiers-temps : un tiers pour la promotion de la créativité pour tous, un tiers pour l’écriture et l’animation en jeu de rôle, un tiers pour d’autres médias, fiction littéraire en tête. Je vais également consacrer plus de temps à mon foyer et à mes proches. Parce que créer n’est pas vivre. Je sais à l’avance que ça ne ne se passera pas comme prévu, car je serai comme de l’eau. J’irai où mes valeurs me guideront. Et les valeurs changent en permanence, elles grandissent avec nous.
Je ne pars pas de zéro. En deux ans, j’ai été créatif en moyenne 32 heures par semaine, en plus de mes 28 heures de travail salarié. J’ai publié 12 livres, écrit 94 articles sur le blog Outsider, 32 articles invités sur d’autres blogs, animé 3 conférences, écrit 138 comptes-rendus de partie de jeu de rôle dans l’univers de Millevaux, 7 comptes-rendus d’autres jeux perso, publié 3 scénarios de jeux de rôles en magazine, participé à 12 Podcasts de la Cellule soit 18 heures de podcast enregistré, animé 6 Podcasts Outsider soit 15 heures de podcast. Et j’ai vu beaucoup de personnes devenir plus créatives en même temps que moi. J’espère y avoir contribué. Mais comme je l’ai dit, j’en veux plus.
Il y aura des épreuves. Mais je vais me battre. J’ai la rage. Je le ferai, avec ou sans l’aide de la société. La société, je suis là pour la transformer à travers ma révolution personnelle. Vivre et exercer sa créativité en conformité avec ses valeurs semble parfois un défi impossible. Je vais me battre pour prouver que c’est possible. Il ne s’agit pas que de moi. Je vais marcher dans la voie du guerrier, dans l’abandon total. Parce que la passion emporte tout sur son passage. Ça va fonctionner parce que j’y crois. Et comme j’y crois, d’autres personnes y croient : il s’agit de vous qui me lisez à l’instant, à qui je dédie mon œuvre. Et d’autres personnes encore y croiront. Et surtout, ça ne peut que fonctionner quand on utilise la meilleure des armes : la créativité.
Aujourd’hui, je demande votre aide. Je ne serai pas un écrivain édité, je ne serai pas en librairie. Je ne participerai pas à ce modèle économique et artistique parce que c’est une structure en pyramide. Bien qu’elle soit composée de personnes de valeur, la structure ne peut nourrir qu’une élite populaire parmi les écrivains. Ce que je veux, c’est promouvoir une autre liberté d’agir et de créer. Pour ça, il nous faut des balkans de créatifs interconnectés. C’est à ça que je veux participer. Surtout, je ne me contente plus de rémunérer le livre, de rémunérer l’objet. Je crée de la valeur sous d’autres formes que le livre, fut-il artisanal. Des articles de blog, des supports en ligne, des textes gratuits également. Ces textes-là aussi sont importants. J’espère qu’ils vous apportent autant de valeur que mes livres. Je sais même que certains lisent Outsider et ne lisent pas mes livres. Or, Outsider ne sera pas un à-côté de mon activité créative à plein temps. Ce sera le centre de cette activité. C’est Outsider qui aidera le plus de personnes. C’est pour tout ça que j’ouvre une rubrique de don. Je vous invite à soutenir ce que je fais : Outsider, les articles invités dans la blogosphère, les supports en ligne, les discussions en privé, les rencontres publiques, les textes gratuits. Ainsi, vous soutiendrez la personne, mais aussi l’œuvre, et toutes les personnes qui voudraient y avoir accès pour la consulter ou l’utiliser dans leurs propres créations (je rappelle que mes textes sont tous en licence Creative Commons paternité / pas d’utilisation commerciale, et que je vais tous les faire migrer dans le domaine public). Enfin, à travers une révolution personnelle, vous soutiendrez un projet de société, une société qui n’est pas basée sur l’échange mais sur le partage, une société qui n’est pas basée sur le travail mais sur la créativité, une société qui n’est pas basée sur la richesse, mais sur la générosité.
Je vous propose de donner plutôt qu’acheter. De donner pour qu’Outsider ne soit pas à vendre. Sans doute est-il plus urgent de faire un don à une association caritative, qui pourrait créer de la valeur à une plus grande échelle. Sans doute est-il plus urgent de donner à une révolution globale qu’à une révolution personnelle. Mais vous pouvez faire les deux. Et dans tous les cas, n’est-il pas plus urgent de donner que d’acheter ? Je suis pour le revenu de base inconditionnel, socle d’une société oeuvrière tant qu’il y a aura un gouvernement. Parce que je suis pour l’inconditionnalité. J’affirme que la créativité est un droit. Vivre dans la dignité est un droit. Pouvoir créer tout en vivant dans la dignité est un droit. Un ciment pour une société nouvelle. Une société sans revenu de base inconditionnel oublie ce droit, elle soumet la dignité à des conditions. Je veux me battre pour que les choses deviennent inconditionnelles. Pour que la dignité humaine aille de soit. Dans la vie de tous les jours, dans les esprits, dans la société.
Aussi, je vous demanderai d’être inconditionnel. Si vous donnez à Outsider, une fois ou mensuellement, vous le faites pour récompenser la valeur qu’Outsider a créée, ou pour encourager sa liberté future. Je ne peux vous garantir aucune contrepartie, aucun engagement. Si ensuite, Outsider cesse de créer, ou ne crée pas de la valeur pour vous, arrêtez de donner, tout simplement. Mais dès aujourd’hui, je peux vous dire que ce don changera tout. Libéré des conditions, je pourrai réinventer la créativité. La réinventer avec vous.
Je ne fais aucune promesse, mais je peux vous dire dans quel état d’esprit je suis aujourd’hui. On m’a beaucoup offert, et j’ai beaucoup à offrir. Je veux écrire des livres qui changent la vie. Je veux apporter du plaisir aussi. Le plaisir de découvrir des univers étranges, le plaisir de trouver de l’énergie pour soi, aussi. Je veux aller à la rencontre des personnes qui souffrent parce qu’elles ne parviennent pas à créer comme elles le voudraient. En quittant mon travail salarié, je pose un énorme bagage qui m’empêchait d’aller aussi loin. Mon objectif, c’est de vivre avec 800 € net par mois. C’est mon train de vie actuel. Ma vie de créatif sera moins coûteuse que mon travail salarié, mais je prévois une marge supplémentaire en cas de coup dur. J’ai déjà épargné pour m’assurer deux ans à ce train. Mais je ne compte pas vivre totalement sur mon épargne, parce que ça ne dure qu’un temps, et parce que, pour citer Mathieu Gaborit, il faut avoir suffisamment d’argent pour ne pas y penser. Je ne veux pas que le manque d’argent soit un facteur d’abandon, et donc il me faut toujours de l’épargne en avance.
A l’avenir, je développerai des solutions non-monétaires, mais pour le moment, j’ai toujours besoin d’argent pour vivre et pour créer. Donc, je chercherai un revenu (la créativité me rapporte déjà 200 € de bénéfices par mois) mais je réduis volontairement mes besoins pour m’assurer une liberté créative, pour être capable de faire certaines choses, des choses importantes, gratuitement, sans condition. Et aussi parce qu’il n’y a pas de créativité sans liberté.
Si je ne fais pas de promesse, je resterai transparent. Je ferais au minimum un bilan public des dons par an.
Ce chemin, je peux aussi le faire sans les dons. Quoi qu’il arrive, je ne me coucherai pas. Je vais me battre tout le temps. Pour moi, pour mes proches, pour tous ceux à qui Outsider fait du bien. Alors, même sans vous, je le ferai. Mais je veux le faire avec vous.
Vous pouvez apporter votre soutien d’une autre façon que vous trouverez judicieuse, comme par exemple en commandant un livre ou un livre artisanal, en m’exprimant votre soutien, en parlant autour des articles ou des publications made in Outsider, ou en me proposant un article invité.
Je vais vous montrer à quoi ressemble la nouvelle donne. La nouvelle donne, c’est plus de partage.
Tout d’abord, je bascule tous les textes d’Outsider dans le domaine public. Sentez-vous libre de les utiliser pour n’importe quel usage. J’apprécierai d’être crédité et informé, mais ce n’est pas une nécessité absolue. Dans les prochaines semaines, je vais diffuser tous mes livres numériques en gratuit. La plupart des versions texte l’étaient déjà, mais certaines étaient tronquées. Vous aurez désormais accès aux versions intégrales. Je vais aussi livrer toutes les versions illustrées en gratuit. Le temps de caler les choses avec les illustrateurs. Vous pourrez ainsi découvrir leur travail et aussi mon travail de photomonteur, crucial pour moi. Je ne suis pas un écrivain. Je suis un créatif, et la folie graphique est aussi importante pour moi que la folie scripturale.
Je n’ai pas les mots. Pas les mots pour exprimer la gratitude, la foi que j’ai en vous. Pas les mots pour exprimer la hâte que j’ai à vous retrouver, tout bientôt.