M⬜M⬜R⬜

M⬜M⬜R⬜

Oubliez tout ce que vous saviez sur le passé.

Les premières pages d’un roman psychométrique qui ne verra jamais vu le jour, motorisé par Inflorenza.

(temps de lecture : 21 min)

Joué / écrit en solitaire en 2013

Le jeu : Inflorenza, héroïsme, martyre et décadence dans l’enfer forestier de Millevaux

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MEDEA Malmö, CC-BY

Le contexte :

À l’occasion du développement d’Inflorenza, j’ai eu l’intuition que ce jeu de rôle serait un bon moteur pour écrire un roman. Cela tombait bien, j’avais justement une idée de roman de SF contemporaine où les personnages principaux seraient des psychométriciens, autrement dit des personnes capables d’accéder à la mémoire des objets par le toucher (l’effleurement) voire à entrer dans le monde mémoriel contenu dans l’objet (par le toucher). Ces déplacements dans des mondes mémoriels (à l’intérieur desquels on pouvait aussi trouver des objets mémoriels dans lesquels pénétrer, ce qui créait un effet de mondes gigognes à l’infini) pouvaient créer des transformations physiques et identitaires chez les personnages, si bien que j’avais déjà prévu à l’avance que trois des personnages n’étaient en fait que le même à des étapes différentes de leur voyage, ceci pour échapper à une dangereuse psychométricienne affiliée aux Khmers Rouges. Le quatrième, le truculent Martin, inspiré du sculpteur Étienne-Martin, pratique la psychométrie pour son art. Vivant dans une vieille maison remplie d’histoire, il revêt un costume de chamane pour entrer dans des mondes mémoriels profonds et préhistoriques, et ces sculptures ne sont que des reproductions des inquiétants mégalithes qu’il y découvre. Ses voyages profonds mettent en péril la notion même de réalité.

Le titre du livre, M⬜M⬜R⬜ est une référence au jeu de Mémory, notamment parce que je voulais mettre en place une sorte de duel entre un personnage et la tyrannique psychométricienne utilisant ce jeu.

Ce roman est loin d’être mon premier projet associé au jeu de rôle, puisque ma première trilogie de fantasy, inédite à ce jour, était également inspirée d’une campagne de Warhammer Quest que j’avais écrite et faite jouer dans les années 97 à 99. J’avais aussi beaucoup de notes associées à plusieurs campagnes en présentiel et en ligne de L’Appel de Cthulhu jouées dans les années 2000 à 2002 et que je ne désespérais pas d’adapter en cycle romanesque. Vous avez également pu me voir récemment écrire un roman-feuilleton entier, Dans le mufle des Vosges, en utilisant des jeux de rôles Millevaux, roman auquel j’apporterai la dernière patte cette année scolaire et en général, vous connaissez ma marotte d’associer jeu de rôle et écriture littéraire, via cet article : Le jeu de rôle, un outil pour l’écriture de roman. Ceci me renvoie également, à l’exercice inverse, qui consiste à exorciser un projet avorté de roman en lui donnant une vie via une partie de jeu de rôle : voir La Gravité, également joué avec Inflorenza.

Au final, bien que l’emploi d’Inflorenza était intéressant pour écrire un roman en mode impro, la rédaction n’a pas dépassé quelques pages avant que je me décourage. Je pense que je n’étais pas prêt pour me relancer dans un roman (surtout que celui-ci aurait nécessité quelques recherches sur les cultures mongoles et cambodgiennes ainsi que sur la maladie d’Alzheimer), et depuis Millevaux a totalement pris la priorité sur mes autres univers imaginaires.

J’ai d’ailleurs tenté d’adapter le principe de la psychométrie exposée dans M⬜M⬜R⬜ via un théâtre Millevaux pour Inflorenza. Je l’ai fait jouer une fois à Octogones, mais le résultat n’était pas à la hauteur de mes attentes. Nous avons joué sans MJ, je n’étais que facilitateur et n’incarnais pas de personnages, et les joueuses n’ont guère eu recours à la psychométrie, se concentrant sur d’autres aspects d’Inflorenza. Le principe de réalités gigognes et de souvenirs interactifs a également beaucoup influencé ma vision du vertige logique.

L’univers de M⬜M⬜R⬜  n’est donc voué qu’à être un fantasme, et c’est très bien ainsi. Il en reste ces quelques pages, que j’aurais dû vous faire découvrir depuis longtemps.

P.S. : les prénoms cambodgiens et mongoliens sont tout à fait fantaisistes, j’attendais de faire de plus amples recherches pour les changer.

L’histoire :

Leïla

« Où est-ce que je suis ? »

*
**

Martin

Retour à la Demeure.
Les rideaux tendus sur les fenêtres filtrent la lumière avec gourmandise.
Mal au crâne.
C’est le salon noble. Un salon pour les conversations, pour les humeurs, pour le désordre. Odeur de tabac froid, pourtant pas désagréable. Essences rares. Arômes. Divans capitonnés, tissu gaufré, élimé. Motifs de la Tapisserie de l’Apocalypse. On sent les reliefs quand on passe les doigts.
Table basse, un seul pied. Un dragon patiné sous le verre. Alcools.
    Tintements des amis qui ne sont pas venus depuis longtemps.
        C’est aussi le salon où battre en retraite.
            Canapé ouvert en deux comme un poisson.
                Masse.
                    Grognement.
    Sur les étagères, solides, des bustes de pierre blanche.
        Les plus grosses pièces, les plus intrigantes, sont ailleurs.
        Déjà celles-ci accrochent le regard.
    Visages d’une masse, grecs.
        Les coups de burin sont laissés apparents.
            On les entend encore.

Plus loin dans la demeure, bruisse un rideau de perles.
    Parfum.
        Quelqu’un entre…

*
**

Linh

L’odeur du foin séché qu’elle froissait dans sa main, parlait de la steppe.
Il n’y avait pas de réchaud dans la yourte.
Elle insistait pour allumer le feu sans artifice.
Juste le foin et deux tiges de bois.
Enfin, la première étincelle. Un minuscule soleil capturé dans la chaleur du foin. Puis ses rayons noirs, la fumée, et enfin la flamme.

Devant cette première flamme, elle s’émerveille toujours puis l’instant d’après quand le feu n’est encore qu’une toute petite braise circulaire, elle a toujours un geste de recul !
    Elle se touche le bras. Et se rappelle la terreur.

*
**

Seun

Chaleur.
    Après-midi.
        Seun s’est rendormi
            sur le lit, la moustiquaire étendue sur lui.
                    Avec négligence.

    Son dos est nu.
Passer les doigts sur ses omoplates, doucement, très doucement pour ne pas le réveiller, la pulpe des doigts se pose à peine sur sa peau, en fait elle ne la touche que par ses poils microscopiques, que par les sommités de chair de poule
    quand la brise passe.

Soudain s’apercevoir que la respiration de Seun a changé. Comme si elle n’avait pas tout à fait les mêmes harmoniques qu’au début.

*
**

Leïla

« Où est-ce que je suis ?
    Pourquoi il fait noir ?
        Pourquoi il fait froid ?

            Qui… Qui est-ce que je suis ? »

*
**

Martin

Louise entre dans le salon noble.
    Un autre grognement l’accueille.
Elle n’en fit pas cas et s’avança vers les fenêtres.

Sans pour autant prendre de précaution, elle se déplace en silence.

    Elle rajuste son châle en laine. Quelque chose est resté ouvert quelque part dans la Demeure, il y a un courant d’air.
    Elle ouvre les rideaux d’un coup sec.
C’est une lumière crue qui inonde sa silhouette.

    « Ferme. », grogne-t-il dans son canapé.
« Tu en as encore fait de belles cette nuit.
– Juste… travaillé.
– S’il te plaît, ne me raconte pas ça à moi.
– Regarde… les bouteilles… Je suis resté là.
– Un jour, tu me diras à quoi ça te mène ?
– On a déjà eu cette discussion. J’ai mal au crâne. »

Sa voix se réveille. Éraillée, bourrue. Voix d’ours, voix d’hibernation.

« Tu as raison. Je me fais moi-même de la peine à te demander. Aide-moi plutôt à te relever. »

Elle se pencha sur lui. Tira sur sa masse.
    Il entendit son corps frêle ployée.
        Encore une fois, il avait éludé le problème. Encore une fois, il savait qu’il lui avait fait du mal.

*
**

Linh

Le feu a appris à brûler tout seul maintenant.
    Linh sort un instant de la yourte, elle n’aime pas les premières fumées, âcres, envahissantes.
        Montagnes.
            Un horizon qui a tant de choses à dire et prendra tout le temps qu’il lui faut pour cela.

Yourtes.
    Tintements du maréchal ferrant.
        Hommes qui rient.
            Vapeurs des haleines.

    Cendre, son cheval, vient à elle
                    chercher une chaleur,
                            une caresse,
                        un mot à l’oreille.

        Il n’est jamais sellé ou attaché.

    Linh hésite. Finalement, elle place la paume de sa main droite sur le cou de Cendre.
        Son pouce porte une cicatrice rose.
                L’ongle de son annulaire est noir.
            Deux de ses phalanges sont cassées.
        Elle pose son index sur une veine du cou
                        de Cendre, elle capte son rythme cardiaque.
        Elle ressent.
                La cavalcade.
            Chaque sabot de Cendre qui frappe la steppe, avec amour et douleur. Le souffle de la terre qui remonte. Le paysage qui court vers sa fin.

*
**

Seun

    Seun est tellement sensible, un rien l’éveille.
        Bambou qui craque,
            un moustique qui raconte une histoire,
                un dormeur qui vacille dans son hamac.

Ici tout le monde vit à pas feutrés pour respecter son sommeil.
    Est-ce une main trop aventureuse ou un bouillon qui frémit trop fort dans la cuisine ?
        Seun se retourne. Il soupire.

Il fait grand jour, la fenêtre donne sur la végétation.
    Ses yeux acceptent juste un trait de lumière fin comme du papier.

    Contempler l’agacement de son visage.
            L’infime duvet blond de sa lèvre.
            Pincer ses lèvres entre ses propres dents
        avec le sentiment confus que les choses ne seront jamais aussi douces.

    Seun entend des bruits de pas. On ne sait pas si c’est un singe ou un homme.
        Il dit :
    Et ses mots sont durs à mâcher, un petit déjeuner confus. Son asthme revient.
        « Tu n’aurais pas dû venir.
– Écoute. Tu ne crois pas qu’il est temps que tu me présentes ?
– Non. Pas aujourd’hui. Je suis trop bien. Pas envie.
– S’il te plaît. Pour moi. »

    Seun lui caresse le visage pour lui montrer qu’il est angoissé mais pas fâché.

        Des petits pas curieux.
            « Seun, tu parles à quelqu’un ? »

Nât, la mère de Seun, rentre dans la chambre.
    Elle est vraiment petite parce qu’elle porte toute la maison sur son dos. Elle porte aussi le thé très sucré du matin et les fruits, qui un à un, furent roulés dans la farine, frits dans l’huile avec les vapeurs et les odeurs dans le silence et les bruits minuscules qui n’appartiennent qu’à ceux qui se lèvent tôt.

    Elle lâche le plateau.
    Les fruits rebondissent sur le plancher de bambou. Le bol tombe, le thé brûle les jambes.
        « Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous faites ici ? »

    Seun n’était plus là.

*
**

Leïla

    Saint-Denis.
Barres d’immeubles et grisailles. Klaxons. Rumeurs du marché hallal.
    C’est une maison de retraite vétuste.
        De petites mosaïques au sol des couloirs. Il manque toujours des carreaux. Il y a cette odeur des personnes âgées et il y a celle du jasmin. Il y a cette lenteur qu’on ne se permet plus nulle part ailleurs. Il y a aussi cette souffrance qui ne demande plus pardon.

    Et les voix qui causent toutes seules.

    Safiatou l’infirmière rentre dans la chambre de Leïla. Elle a toujours une hésitation car c’est une chambre sans souvenir. Il n’y a ni cadres ni fleurs ni magazines.
    Personne ne vient rendre visite à Leïla. Elle est dans son fauteuil roulant en chandail.
        Son visage écrit les histoires qui ne sont pas dans la pièce. Leïla est très âgée mais on ne sait pas combien exactement car elle n’a pas d’état civil. Elle n’a pas de nom de famille. Elle a juste ses yeux gris avec des départs de feu à l’intérieur et elle regarde le mur.

    Safiatou hésite. Elle pourrait repartir de cette chambre et la laisser.
        Tous les pensionnaires lui font un peu peur.
    Leïla ne fait surtout pas exception.
        Mais elle n’est pas ici pour longtemps. Elle a encore assez d’amour dans le cœur pour bien s’occuper d’eux sans rien demander en retour.

    Alors elle parle avec une voix forte qui lui fait vibrer les lèvres, qui lui donne une présence, une voix qui peut ramener à la vie,
    qui pourrait presque ramener à la raison.

« Bonjour Madame Leïla, vous avez bien dormi ? »

Silence grelottant.

« Je vous amène voir vos camarades dans la grande salle ! »

    Elle prend les poignées de la chaise roulante et manœuvre. Elle n’a pas regardé Leïla dans les yeux. La prochaine fois, elle sera plus courageuse.

« Pourquoi il faisait tout noir ? Où est-ce que j’étais ? »

*
**

Martin

« C’est toujours en désordre ici.
– Non. Les choses sont dans l’ordre qu’elles ont choisi. »

    Avec force soupirs,
Martin fouille sous le canapé en guise de démonstration.
    Il en sort une agate et la place devant son œil.
        « Crois-tu qu’une bille soit à sa place ailleurs que sous un meuble ? »
   
    Il l’offre à Leïla. Il prend ses doigts frêles, il s’attarde avec ses gros doigts de sculpteurs sur la petite boule de graisse des premières phalanges. Il parcourt aussi la ligne de vie dans la paume de Louise. Il y fait rouler l’agate.
    « Regarde. C’est une planète à elle toute seule. Regarde la voilure à l’intérieur. Je ne suis pas assez gros pour lui dicter sa place dans l’univers. »

    Louise sourit. Martin gagne toujours. Froissement à la commissure de ses lèvres, comme des draps.
    Les yeux de Louise sont aussi des agates.
            Bleus, avec une voilure à l’intérieur.

« Suis-moi ».

Louise rajuste son châle. Il fait trop froid dans la Demeure.
    Martin s’ébranle. Ogre. Visage rond.
            Sourcils noirs. Barbe noire.
        Un ventre, une générosité.
            Un homme toute en poigne.

    Il guide Louise
        traverse des couloirs
            bute sur des choses.
        Des portes et des portes
                    escaliers, échafaudages,
                        travaux perpétuels.

    L’atelier n’a plus de porte. Juste deux panneaux de contreplaqué où Martin a pris des notes au marqueur.
    Il les enlève avec la précaution de savoir qu’il s’agit d’une œuvre d’art.

    Quand il fait ça, Louise a un soupir.
        Elle sait que l’atelier est sacré.
            Martin n’a pas d’amis mais il a bien des camarades.
                Tous peuvent arpenter sa Demeure,
                aucun n’est autorisé à rentrer dans l’atelier.
            C’est la seule tendresse que Martin accorde à Louise mais elle a du poids.

    L’atelier c’est déjà un monde à lui tout seul.
        Chaque morceau de pierre, chaque étau,
            chaque étagère, chaque poussière a un rôle à jouer.
        Il faudrait tout un livre pour en faire un premier tour.

    Au milieu du chaos,
            une forme, soutenue par des palans.
            Un grand drap blanc la cache.
        Martin prend la main de Louise, juste pour les ongles. Il lui donne une extrémité du drap.
           
            « Tire. »

*
**

Linh

« C’est vraiment une belle… »
Linh fait volte-face. Qui-vive.
« Qu’est-ce qui est belle ?
– Une belle… Une belle jument. Une belle journée aussi. »

Hao était l’un des meilleurs cavaliers du clan.
    ça ne l’empêche pas  d’être timide.
            Fourrures. Senteurs de buffle et de cheval.
        Moustache très fine. Barbe noire de vent.
    Au coin des yeux, les rides de ceux qui ont attendu trop longtemps. Il cache quelque chose dans ses gants.
        Linh frémit. Elle n’avait pas prévu de s’attarder dehors. Le froid l’apprivoise.
    Ses cheveux courts se dressent sur son crâne.
    Une veine violette sous son œil palpite.
        Ses joues sont creuses. Ses yeux, vastes, enclos dans des paupières lourdes.

« C’est ton anniversaire, Linh.
– Comment le sais-tu ?
– Tu me l’as dit le jour de ton arrivée. »

Hao a une balafre qui lui court le long du visage. Une route blanche. Un combat avec un loup qui a failli lui coûter un œil et qui lui a valu le respect du clan.
    Hao a du courage contre les loups mais pas pour les anniversaires.
Il tend son cadeau comme pour s’en débarrasser au plus vite.
« C’est un transistor. Tu peux écouter la radio ! »
Linh le repousse d’un geste, sans toucher le cadeau.
    « Non. »
Hao retend les bras. « Prends »
    « Non ! »
            « Si, prends ! »
    « Non ! »

Hao tire l’antenne, il pousse un bouton.
    C’est un petit poste noir. Il est d’occasion, il ne vaut rien, mais il lui a sans doute coûté cher.
    Des voix crachotent. Chants traditionnels aigrelets.
« Écoute ! On capte Oulan-Bator ! »
    D’un seul geste, Linh lui fait comprendre qu’il a perdu ce combat. Elle lui montre l’intérieur de sa yourte.

« Tu sais combien une personne possède d’objets en Occident ?
– Non.
– Deux mille.
– Ils doivent voir beaucoup de chance.
– Tu sais pourquoi je suis venue en Mongolie vivre parmi vous ?
– Non.
– Ici, il y a moins de quatre-vingt objets par personne. »

*
**

Seun

Nât ne sait plus si c’est la douleur ou la surprise qui l’ébouillante.

    En face d’elle une personne
                        inconnue
                        entièrement nue
                une peau pâle avec en rayures rouges
                            la marque des sous-vêtements
                    les entrailles ensanglantées par la tasse
                moins jeune que Seun
                    et moins mature à la fois
                de grands yeux étonnés
                    le corps au repos.
   
        L’amant et la mère de Seun
            eurent tous deux la même idée au même moment
                pour sauver la face.
            Ils se précipitèrent à genoux.

    Excusez-moi
        Excusez-moi
        Confusément ils se ruent sur les débris de tasse
                et les fruits pour les ramasser avant l’autre,
                se blessent aux arêtes de terre cuite,
                    entremêlent leurs mains,
                        les retirent aussitôt.
                            Ballet de l’embarras.

« Je m’appelle Laak…
    Je suis vraiment désolé.
        Seun devrait être là.
– C’est… C’est moi qui suis confuse…
    Je ne savais pas qu’il avait… invité quelqu’un.
        Et s’il a disparu…
            Vous savez…
                Il fait ça tout le temps ! »

*
**

Leïla

« Il y a des morceaux de carrelage qui sont déboîtés.
– Oui Madame, vous me l’avez déjà dit il y a deux secondes.
– Il y a des morceaux de carrelage qui sont déboîtés. »

Safiatou respire. Elles sont arrivées à la grande salle.
    Inertie du fauteuil roulant pesant sur les bras. Radotage de Leïla, d’abord comme une musique… Ensuite comme une torture.

    Dans la grande salle, c’est un grand globe de verre qui dispense l’éclairage principal. Cimetière de mouches mortes à l’intérieur.

    Aux murs, portraits scrapbookés des anciens. Exposés des anciennes sorties et animations.
« Nous sommes allés au jardin public. »
« Nous sommes allés à la rencontre des enfants. »
    Ce ne sont jamais les anciens qui racontent.

    Ils sont en rond.
            Peaux tachetées
                parchemins
            doigts qui pianotent
                    cannes vernies
                        lunettes au foyer éteint
                    fleurs
                odeurs corporelles
                    une bouche tremble
                        quelque chose dans l’ambiance
                            qui a un très grand âge
                                une grande responsabilité
                                    et l’impossibilité
                                        de la transmettre

« Je vous laisse avec vos amis, Madame Leïla, je repasse pour dix-huit heures. »
Au milieu d’eux, un jeune, un nouveau.
            « Je m’appelle Marc,
            je suis art thérapeute. »
    Il ne hausse pas encore la voix. Manque d’expérience.

    Leïla lui est reconnaissante de ne pas se battre pour son attention.
        Elle ignore encore à quel point il va bouleverser sa vie. A moins qu’elle ait déjà oublié.

*
**

Martin

Louise s’attarde sur les formes qu’elle devine sous le drap.
    Excroissances.
        Invagination.
            Roc.
        Elle en savait déjà assez. Elle connaissait déjà l’histoire.
                    Une histoire de plusieurs tonnes.

    « Pas la peine. »
    Louise retire sa main.

Martin a un vaste sourire ;
                un enfant qu’on déçoit.
    Louise fouille dans la barbe de Martin.
        Dure, effilochée, plâtreuse.
            Promenade dans les broussailles.

    « Je vais plutôt t’arranger ça. »

*
**

Linh

    Hao fait l’inventaire des possessions de Linh. Une manière de profiter de l’intimité qu’elle lui accorde pour un instant encore.
        Il examine un couteau à cuir. Reflet de ses yeux.   
            Il teste la lame sur son bras.
                    boule de sang
    « Pourtant, tu as connu une vie avec plus de possessions. ça ne te manque jamais ? »
    Linh lui reprend le couteau.
        « J’ai été entourée d’objets. Ils m’ont fait plus de mal que de bien. »

    Halo la regarde. Elle est maigre.
        Il veut toucher sa taille. Compte ses côtes.
    « Et les personnes aussi.
– Tous les objets et toutes les personnes ne sont pas mauvaises, Linh.
– Non. Mais c’est ce qu’on y dépose, à la longue. »
        Ses joues sont creuses. Des vals.
        Sur sa lèvre inférieure, une tuméfaction violette.
                Ses gestes, une souffrance d’être vivant.

    « Hao.
        Il est temps de partir à la chasse. »

*
**

Seun

                « Seun. »
Nât a laissé les fruits et s’est éclipsée.    
    Haak enfile un sous-vêtement blanc.
            Chaleur du tissu.
                    Chaleur de son corps en pensant à Seun.

    Grignotage.
            Seun mange un fruit.
                    Garçon fin, balancé sur le rebords de la fenêtre.
                    Le sourire d’un singe qui a fait une farce
                             et s’en tire à bon compte.

    « Ou étais-tu passé ?
– J’étais à l’endroit où on s’est rencontré.
– Avec les flamands roses ? Ne sois pas ridicule. C’était juste avant la mousson. »

*
**

Leïla

« Ce sont les doyennes de l’établissement. Public difficile. Agnès est aveugle depuis six mois. Marie-Ange ne parle plus. On n’arrive plus à les intéresser. »
    La directrice de la maison de retraite briefe Marc.
            Vernis à ongles rouge.
            Une fiche bristol par pensionnaire.

Marc se place au milieu d’elles, sur un tabouret jaune.
        Lunettes à monture d’écaille.

        Il tente d’amorcer une conversation.
    « Parlez-moi de votre jeunesse. »
            Les vieilles ne décrochent pas un mot.
                    Elles sont ailleurs.
    Marc insiste auprès de Leïla.
« Leïla était une sans-abri. On n’a pas son identité.
    Elle a la maladie d’Alzheimer.
        C’est très difficile d’amorcer un lien avec elle. Elle ne fait plus aucun progrès depuis longtemps. »
            Marc essaye d’autres sujets de conversation.
                    Échec.
    Il repart chercher du matériel.
        Il revient avec des feuilles.
                Crayons gras, au parfum comestible.
                    Couleurs vives.
    Il installe des petites tables en formica devant chaque doyenne.
    Il pose les crayons.
    Il pousse l’audace jusqu’à en placer un dans la main de Leïla.

    « Dessinez la maison de votre enfance. »

*
**

Martin

Une des salles de bain de la Demeure.
    Baignoire blanche avec des pattes.
        Robinets avec boutons anciens en croix, à sommités de nacre.
    Carrelage. Une dalle est descellée.
                Plâtre. Dans la Demeure, la sculpture s’invite partout.
    Un miroir au verre défraîchi. Territoires de plaques noires sans reflets.

Une ampoule pend au-dessus du lavabo.
        Fils électriques torsadés,
                une cordelette pour allumer.
    Martin assis, la tête penchée en arrière,
                            confiant.
        Sa respiration,
                un volcan qui sommeille.
                Ventre en mouvement.

    Louise appuie le blaireau dans le bol de mousse.
        Elle peint le cou de Martin.
            Pomme d’Adam qui glisse.
            Rituel.
                Un endroit pour chaque chose.
        La ceinture est fixée au lavabo par un anneau doré. Cuir usé. Reliefs.
        Louise passe la lame du coupe-chou sur la ceinture.
                                    Allers.
                                        Et retours.
        « J’adore ce bruit. », dit Martin.
                    Voix apaisée.
                            Juste un peu aux aguets.

    Louise appuie sur le front du sculpteur, fait rouler des vagues de peau. Sa tête n’est pas assez penchée à son goût.
    Martin se tasse dans son siège.
            Un géant aux ambitions de souris.
                    Éclat.
Premier passage de la lame sur la peau.
    Juste en superficie.
        Le soulagement de la nouvelle barbe en allée,
                        celle qui grattait.
    Micro-coupures qui réveillent le sang.
            Plaisir dans l’œil de Martin.
        Plaisir aristocratique de prendre son temps.
    Louise continue, avec des gestes aussi doux
            qu’elle est agacée par les caprices de Martin.
                Ciseaux. Tailler la barbe.
                    Domestiquer la fougue, certains feux
                            on ne peut plus les éteindre,
                                    à peine les dompter.
        « Demain, j’y retournerai, Louise.
                J’aurai besoin de ton aide
                        pour enfiler le Costume. »

*
**

Linh

    Linh empoigne son arc.
        Arc nu, juste le bois et ses striures.

REPORTE
            Il a appartenu à un ancien du clan et porte en lui des flashs des nuits de chasse terribles.
                    Fauves.
Linh le porte du bout des doigts. L’empreinte de l’ancien est forte, elle prend le temps qu’il faut pour l’ignorer.
   
    Linh est la seule femme du clan autorisée à chasser. Un privilège qu’elle a obtenu en tant qu’étrangère. Et pour avoir osé utiliser l’arc de l’ancien, et retrouvé une posture très particulière que l’ancien avait inventée mais n’avait pas eu le temps d’enseigner.
    REPORTE

    Elle l’aime parce qu’il n’y a aucune mauvaise surprise à son contact. D’ailleurs elle défendait à quiconque de l’utiliser.

    Hao et Linh sont les derniers à rejoindre les cavaliers. A leur tête, raccordant la troupe à la steppe, le chef de la tribu, Qwo.
        Les rides de son visage, un parcours initiatique.
                Ses yeux des secrets bien gardés.

Il ne dit rien, laisse d’abord le vent parler à sa place. Claquer dans sa pelisse et sa chapka, étendre sa barbiche et la crinière de son cheval.
    A son dos, il porte son arc, un arc moderne avec un viseur.
            Et aussi un arc en bois, l’arc de l’ancêtre. Il n’est là que pour l’apparat.

« Linh.
    Pourquoi n’es-tu pas restée travailler les peaux ?
– Elle…
– Hao, ne prends pas ma défense. Chef, ma part de travail est faite. Je veux chevaucher à vos côtés comme les autres fois.
– Tu sais bien que tu ne nous seras pas utile, puisque nous partons chasser.
– Je sais mener Cendre au galop aussi bien qu’un homme. Je ne vous retarderai pas. Tu le sais, chef, et tu m’as déjà autorisée à vous accompagner.
– Oui, parce que tu me l’as demandé avec insistance et que j’ai accepté pour que tu puisse voir nos coutumes.
Maintenant, j’estime que tu en as assez vu.
– ça ne serait pas superflu si vous me laissiez chasser avec vous.
– Nous avons déjà eu cette discussion. Tu ne peux pas chasser puisque tu ne sais pas tirer.
– C’était à l’époque. Depuis, tu as pu voir que j’ai fabriqué mon arc de mes mains. Tu m’as aussi vu m’entraîner. Je suis une bonne tireuse.
– Notre troupe n’a pas besoin d’un bon tireur de plus. Nous avons seulement besoin d’un tireur d’élite.
– Je peux le devenir si vous m’acceptez. Tu m’interdis de chasser parce que je suis une femme.
– Écoute. Je suis le chef et mon rôle, c’est de prendre les meilleures décisions pour la tribu. Je dois beaucoup réfléchir avant de prendre chaque décision et je ne dois pas revenir dessus. Ne crois pas que je te refuse le droit de chasser parce que tu es une femme. Je peux être ouvert d’esprit moi aussi. Seulement tu sais tanner et cuisiner et cela définit ton rôle au sein de la tribu. Ce sont des taches simples mais elles sont nobles et indispensables. Les garçons se sont entraîné toute leur vie pour être les meilleurs tireurs. Si je t’autorisais à te servir de ton arc, ça ne serait pas juste pour eux.
– Chef, je te demande juste de me laisser une dernière chance. J’en appelle à ta sagesse. Tu sais que je connais les steppes aussi bien que vous. Tu sais que Cendre et moi, nous nous connaissons si bien que je n’ai de leçon à recevoir de personne sur ce cheval.
Tu sais aussi que je le demande uniquement par amour de la tribu. Par gratitude. Je ne demande rien en échange.
– C’est vrai, intervient Hao en brandissant le transistor. Linh n’est pas motivée par la récompense. »

Les chasseurs rient. Ils n’ignorent pas les sentiments d’Hao. C’est aussi l’occasion de dédramatiser. Ce sont des chasseurs, pas des guerriers. Ils n’aiment pas les conflits. Ils ont de la compassion pour Linh et l’auraient volontiers acceptée parmi eux si le chef n’avait pas raison.

« Entendu, fit le chef. Tu peux nous accompagner une dernière fois. Je te l’accorde puisque je ne t’avais pas prévenue à l’avance. Mais à une seule condition… »

*
**

Seun

    Seun revient dans la chambre? Il sourit comme s’il mijotait un nouveau mauvais coup. Il se colle derrière Haak et lui passe sa main sur le ventre. Il explore son nombril avec un doigt, il lui mord l’oreille. S’attarder sur le contact entre les deux joues.
    « Habille-toi. Mais pas trop vite.
            Puisqu’on s’est fait surprendre… Je vais te montrer quelque chose dans la maison. »

    Ils s’aventurent à pas feutrés. Le contact complice des pieds nus sur les bambous du plancher. Tout est sombre dans la maison. Stores et portiques baissés.
    Il n’y a plus personne. Comme si toute la famille s’était cachée. Haak perd de petites gouttes de sang, le sol les boit aussitôt.

    Ils arrivent à une croisement de couloirs qui est le centre de gravité de la maison.
        En face d’eux, un autel funéraire.
            Fumée des bâtonnets d’encens, yeux jaunes des bougies, mais rouges des fleurs. Des médailles, des actes d’état-civil, des cartes postales.
                Le portrait en noir et blanc du défunt, un homme sévère, des rides comme un aigle déployé sur son visage,
        une casquette militaire, du blanc dans les sourcils et la barbiche.
                Un sourire au coin des lèvres, transporté en douce.
   
    Seun redresse une bougie, époussette le cendre d’un bâton d’encens.
    « C’est mon arrière grand-père.
– Seun… Je pensais que tu avais plein de choses captivantes à me montrer dans ta maison.
        Pourquoi tu me montres ça ? »

*
**

Leïla

Alors la magie opère.
    Les petites vieilles et les petits vieux s’appliquent sur leurs feuilles. les crayons gras tremblent comme des roseaux dans leurs doigts mais elles tiennent bon.
    Des maisons apparaissent, des cheminées dessinées à la perpendiculaire des toits avec leur nuage de fumée. Et souvent, quelques détails en plus. Les tuiles du toit, des écailles de poisson. Un arbre à tête de légume. Un puits comme une cheminée. Un homme tout en arêtes.
            Ça prend d’abord un temps infini, puis ça prend une assurance inespérée, de ces mains qui la plupart du temps n’avaient pas dessiné depuis l’école primaire.
        Les petits vieux se tendent les dessins. Il sourit.
    Une première anecdote affleure à la surface.
        Ils s’expliquent qui est cet homme,
            ce qu’on avait trouvé dans le puits,
                qui était tombé du toit,
                    de quelles passions l’arbre avait été complice.
    Ils rient,
                de ces rires cassés et trop rares
        qui sont la seule récompense qu’on puisse espérer d’eux.

Marc jubile. Il n’y croyait pas au départ.
    Alors, enhardi, il s’intéresse à Leïla.
        Il lui prend la main.
            Une souche aux ramures mortes.
    « Leïla, vous voulez bien dessiner la maison de votre enfance ?
– J’ai la maladie d’Alzheimer. »
    C’est une phrase magique pour qu’on lui fiche la paix.
« Je vous en prie, essayez. Dessinez une maison. »
    Il lui glisse un crayon dans la main.
Alors Leïla abdique. Elle a l’air de se concentrer.
    Elle ferme les yeux et elle dessine à même la paume de sa main,
        puis elle montre sa paume à Marc.

    Elle a commencé par appuyer sur les lignes de sa main avec le crayon brun
        puis elle a complété par une série de traits.
            C’est une maison biscornue, sans carreaux aux fenêtres, sans cheminée. Le mur est composé de rayures verticales.
    « Une maison en bois ?
            C’est la maison de votre enfance ? »
   
    Marc cligne des yeux.
        Leïla déplace son fauteuil vers la porte de sortie, signe qu’elle veut aller au réfectoire.
    On dirait qu’elle n’a pas entendu la question.
        Comme si l’espace d’un instant,
                elle avait été absente.

*
**

Martin

    La salle du Costume est à l’étage.
    Murs. Plâtre blanc. Fissures des mains griffues. Ornements de stuc au plafond.
        Interrupteurs en ferraille, avec la petite manette qui fait ce bruit nostalgique quand on la pousse.
    Deux grands vitraux ébréchés peuplent ce territoire de lumière.

            C’est par le désordre que la Demeure sait dédier une pièce à chaque objet majeur de la vie de Martin.
        Dans la Salle du Costume, ce sont des bottes avachies par terre, un atelier de ferronnerie avec son étau à manivelle,
            des cuirs en attente du ciseau.
        Et puis toujours des sculptures.
            Têtes de golems grotesques, énigmes de pierre, bouches.

    Au dehors, pépillements d’oiseaux, branches d’arbres sous le vent.

    Au centre, soutenu par un solide assemblage de métal, le Costume.

Robe de chamane, mosaïque de fourrure inuit,
ceinture de chaîne et anneaux de fer
en contrepoids, le Costume semble venu
d’un autre temps, à la fois très ancien
et post-industriel. Lanières et cordes.
Surfaces et textures. Épaulettes et gris-gris.

    Louise contemple la masse pachydermique de la combinaison.
« J’aurais voulu que tu ne l’enfile plus jamais, Martin. »
    Martin lui empoigne le bras. Douce fermeté.
« C’est la dernière fois. Je m’en sers pour une dernière sculpture,
        et ce sera terminé.
– Comment je pourrais croire un vieil ours menteur comme toi ? ».
    Il lui essuya les yeux
        avec ses deux gros doigts de sculpteur.
« Parce que je ne veux plus avoir à sécher tes larmes.
    Tu sais que mon art, c’est toute ma vie.
        Dès que je ferme les yeux,
            j’entends la voix du burin.
    Mais le fais surtout pour toi,
        plus que pour quiconque.
    Tu sais, il y a des statues
            que je ne montre qu’à toi seule.
        Alors si tu n’es pas d’accord pour le Costume,

        je trouverai un autre moyen.
Tu es la seule
    en qui j’ai confiance
        pour m’assister lorsque je pars en Costume.
    Alors je t’en supplie
        aide-moi à l’enfiler une dernière fois
    et ensuite je répondrai à toutes tes questions.

– D’accord, espèce d’escroc.
        Mais sache qu’après ça, je te refuserai tout. »

   
Notes :

Un personnage avec la maladie d’Alzheimer essaie de se souvenir.

Des psychomètres remontent depuis le passé pour effacer toutes traces de leur exaction, notamment une psychomètre qui fut le bras droit de Pol Pot.

Des monstres remontent traquer Martin.

La fille de Mongolie supprime les objets pour se prémunir de ses traqueurs.

Un homme qui discute avec son meilleur ami par memory interposé et ne va plus le voir.

Possibilité de ramener une personne du passé (si c’est un psychomètre inversé ? Si on détruit les preuves de sa mort ?)

Et si les quatre psychomètres étaient la même personne ?

Épisode école, trousse anti-sèche, passer au tableau, effleurer la maîtresse pour avoir les réponses

Cambodge, autel votif, génocide, musée du Génocide, Wikileaks

Martin, va chercher dans les couches du passé des sculptures de la préhistoire.

En Mongolie, on a 80 objets par personnes plutôt que 1000 objets en Occident.

Comment interagir avec les gens du passé ?

Toujours se demander comment la psychométrie gagne sa vie.

Couches de passé.

Pourquoi ne cherches tu pas la vérité dans les livres ? – il y a tout dans les livres, sauf la vérité.

La mémoire de l’eau 

En sculpture moderne ce sont toujours les calcaires car (relativement) tendres et avec de bon contrastes et couleurs et plus aucune sculpture moderne ne s’envisage vraiment sans une mixité des matériau: bois, verre, acier (cortène), etc.

La mémoire je m’en suis trop servie, du coup je l’ai perdue

Costume de Martin avec des poils et des cloches

Un diamant fait avec les cendres d’un mort

Et si le monde original n’était en fait qu’une étape ? (cad qu’il était lui aussi un souvenir et non pas le monde réel ?)

Chaque voyage implique une transformation corporelle, comme dans un faux souvenir, Martin semble indemnisé mais en fait il développe un cancer

Tableau des thèmes d’Inflorenza adapté à l’univers de M⬜M⬜R⬜ :

1 Toucher
2 M⬜M⬜R⬜
3 Métamorphose
4 Effleurer
5 Amour
6 Sensualité

Feuilles de personnage :

Leïla
+ Où est-ce que je suis ?
+ Pourquoi il fait noir ?
+ Qui est-ce que je suis ?
+ L’infirmière a encore assez de compassion pour s’occuper de moi.
+ (barré) Elle ne veut pas me dire où j’étais.
+ « Dessinez la maison de votre enfance ».

Martin
+ On entend encore le coup du burin.
+ Rideau de perles. Quelqu’un entre.
+ Ma voix bourrue dissuade Louise de poser des questions.
+ Louise je lui fais du mal.
+ Je donne à Louise le drap pour qu’elle tire et dévoile ma dernière œuvre.
+ (barré) Louise a refusé de dévoiler la sculpture.
+ Louise m’a rasé.

Linh
+ (barré) Le foin rappelle les steppes.
+ Le feu évoque la terreur.
+ La cavalcade, je la sens sur le cou du cheval.
+ J’ai refusé le cadeau du guerrier Hao.
+ J’ai commencé à me confier à Hao.

Seun
+ Mon amant m’effleure dans mon sommeil.
+ (barré) Ma respiration a changé depuis que je le connais.
+ Laak a fait connaissance avec ma mère.
+ Je me suis enfui à l’endroit où Laak et moi nous nous sommes rencontrés.
+ Laak a mal réagi quand je lui ai montré l’autel.


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